Présente

LAWRENCE D'ARABIE
Lawrence of Arabia
(1962)
  • Telerama :
  • Jean Tullard :


Distribution

Prince Feisal ............................................ Alec Guinness
T.E. Lawrence ............................................ Peter O_Toole
Sherif Ali ............................................ Omar Sharif
Auda Abu Tayi ............................................ Anthony Quinn
Colonel Brighton ............................................ Anthony Quayle
General Allenby ............................................ Jack Hawkins
Turkish Bey ............................................ José Ferrer
Claude Rains
Arthur Kennedy
Donald Wolfit
I.S. Johar
Gamil Ratib
Michel Ray
John Dimech
Zia Mohyeddin
Jack Gwillim

Equipe de Tournage

Réalisateur ............................................ David Lean
Scénariste ............................................ Robert Bolt
Origine de scénario ............................................ T.E. Lawrence
Directeur photo ............................................ Freddy Young
Décorateur ............................................ John Box
Compositeur ............................................ Maurice Jarre
Producteur ............................................ Sam Spiegel
Monteur ............................................ Anne V. Coates

Sortie : 15 Mars 1963
Long métrage 70mm / couleur / Technicolor / Super Panavision 70
Genre: Aventure,
Durée: 3h30m

En 1916, jeune lieutenant du Bureau arabe installé par les Anglais au Caire, Lawrence est envoyé en mission contacter le prince Fayçal, leader de la lutte arabe contre les Turcs (alliés aux Allemands). Il traverse le désert guidé par un bédouin qui sera abattu par le cheik Ali, sous le prétexte qu'il a utilisé un puits n'appartenant pas à sa tribu. Refusant l'aide d'Ali, Lawrence déclare à cette occasion que tant que les Arabes lutteront entre factions rivales, ils resteront un petit peuple sans puissance…

Cette superproduction fit date dans l'histoire du genre : biographie spectaculaire, film d'action, elle se voulait aussi oeuvre de réflexion et d'analyse sur un sujet passionnant et ambigu : la destinée de Lawrence qui, aujourd'hui encore, divise les historiens. Le scénario subtil et adroit de Robert Bolt évoque ce qu'on sait avoir appartenu en propre à Lawrence : sa fascination pour le désert sa volonté de découvrir par lui-même les limites extrêmes de sa résistance physique et le plaisir semi-masochiste qu'il tirait de cette recherche. Sont traités également les aspects plus difficiles à cerner de sa biographie, à savoir son action politique : Lawrence, fédérateur des Arabes, fut-il un chef de guerre habile et même machiavélique, ou un rêveur idéaliste ? Accomplissait-il sur le terrain une oeuvre de salubrité publique ou une ascèse personnelle ? Servit-il en priorité la cause anglaise, arabe ou la sienne propre? Le film prend parti avec mesure pour un Lawrence honnête, idéaliste, déçu par les calculs politiques des uns et des autres qui n'entraient pas dans son univers. Mais surtout le cas de Lawrence donne à David Lean l'occasion de réfléchir sur le degré de maîtrise qu'un homme exceptîonnel peut avoir sur son destin et de mesurer la part d'échec, de déception et de renoncement que contient toute destinée humaine, fût-elle la plus extraordinaire. Une conjonction unique de talents (Bolt, Freddy Young, O'Toole, etc.) réussit à faire passer dans le très grand public, sans les simplifier à l'excès, des thèmes et une réflexion complexes. Et le film dessine finalement un portrait tout à fait satisfaisant de Lawrence en héros typique du xx ème siècle : un héros ambigu qui n'est jamais plus lui-même, ni plus héroïque, que lorsqu'il reste impénétrable. Eternel déraciné moral, il voulut tenter l'impossible et chercha à prendre entièrement en main son destin au point de se créer une seconde identité. Formellement, David Lean, par un usage méthodique et réfléchi du 70 mm, s'efforce de créer un nouveau réalisme spectaculaire. Il voulut son film si sobre et si grandiose qu'il atteindrait - sans effort - une dimension cosmique. Il le rêva si dénué de trucs et d'effets de montage, si lisse, que le spectateur aurait l'impression d'avoir devant lui une vision globale et presque impersonnelle des expériences de Lawrence. (On regrettera seulement, dans ce film par ailleurs complètement dénué de visages féminins, la trop grande réserve des auteurs quant à la sexualité de Lawrence; mais nous n'étions qu'en 1962.)

Recette :
Entrées en France : 5 707 169