Renn Productions
Présente


TOUT SUR MA MERE
Todo sobre mi madre
(1999)
  • Telerama :
  • Jean Tullard :
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Distribution

Manuela ............................................ Cecilia Roth
Huma Rojo ............................................ Marisa Paredes
Nina ............................................ Candela Peña
Agrado ............................................ Antonia San Juan
Penélope Cruz
Rosa Maria Sarda
Eloy Azorin
Toni Cantó
Fernando Fernan Gomez

Equipe de Tournage

Réalisateur ............................................ Pedro Almodovar
Scénariste ............................................ Pedro Almodovar
Directeur photo ............................................ Affonso Beato
Décorateur ............................................ Antxon Gomez
Compositeur ............................................ Alberto Iglesias
Producteur ............................................ Claude Berri
Monteur ............................................ José Salcedo

OPENING NIGHT (1978)

Sortie : 19 Mai 1999
Long métrage 35mm / couleur / Eastmancolor / Panavision
Genre: Drame,
Durée: 1h40m

Coordinatrice à l'Organisation nationale des transplantations, Manuela vit seule avec son fils de dix-sept ans, Esteban. Celui-ci veut devenir écrivain et, alors qu'ils regardent ensemble à la télévision All about Eve de Joseph L. Mankiewicz, il a l'idée d'un roman qui s'intitulerait " Tout sur ma mère". Le soir de son anniversaire, ils vont au théâtre voir "Un tramway nommé Désir" où une actrice qu'ils adorent, Huma Rojo, tient le rôle de Blanche DuBois...

Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 1999, où il fut ovationné, ce treizième long métrage de Pedro Almodovar était la première participation à la compétition officielle pour le cinéaste espagnol qui avait pourtant été membre du jury du festival en 1992, sous la présidence de Gérard Depardieu. Le film est dédié aux actrices, " et plus précisément aux actrices qui, à un moment donné, ont joué des actrices ", déclara le cinéaste. " Dans la dédicace finale, je cite trois de celles qui m'ont produit les émotions les plus fortes : la Gena Rowlands de OPENING NIGHT, la Bette Davis de ALL ABOUT EVE et la Romy Schneider de L'IMPORTANT C'EST D'AIMER. L'esprit de toutes les trois imprègne de fumée, alcool, désespoir, folie, désir, abandon, frustration, solitude, vitalité et compréhension les personnages de TOUT SUR MA MÈRE.

Critique de Gérard Lefort (le 17 mai 1999) On sait que Dieu, dans son infini bordel, inventa tout à l'envers. D'abord l'homme, ensuite la femme, alors que depuis pas mal de millénaires l'éternel retour des enfants s'obstine à lui donner tort: jusqu'à nouvel ordre, les hommes procèdent des femmes et non l'inverse. Avec Tout sur ma mère (Todo Sobre Mi Madre), Pedro Almodovar, testamentaire au sens biblique, a filmé son origine du monde et corrigé l'erreur (lire aussi page 30). «Ma mère» comme on disait «ma mère, la Terre» dans la mythologie antique. Tout sur ma mère, c'est-à-dire tout sur les femmes, qu'elles soient mère en effet, mais aussi fille et enfant, sœur et bonne sœur, pute et sainte, travelo et transsexuelle, voire toutes ces figures à la fois. Ce qui pourrait paraître lourd à porter pour un seul cinéaste. Madones allumées. Pour transcender ce fardeau en baluchon léger, Almodovar a eu une idée simple, une idée de cinéma. Tout sur ma mère est une gigantesque cathédrale dévolue au culte d'un être suprêmement cinématographique: l'actrice. Certes, les belles éternelles, comme Bette Davis et Romy Schneider, nommées dans la dédicace finale, mais surtout les grandes vivantes de son film qui doivent toutes être citées à l'ordre du mérite cinématographique: Cecilia Roth, Marisa Paredes, Candela Pena, Penelope Cruz, Antonia San Juan, Rosa Maria Sarda et Toni Canto, garçon-fille qui joue Lola. Mais si dévotion il y a, elle ne confine pas à la bigoterie. Cette église saturée de madones allumées est surtout une crypte païenne. A la lueur du film, ce sont en effet de drôles de sacrées bonnes femmes qui se dessinent. D'abord, aiguilleuse de l'intrigue, Manuela, une infirmière madrilène d'une belle quarantaine, qui voit sa vie foudroyée le soir où Esteban, son unique fils de 18 ans, est renversé par une voiture. La revoilà célibataire. Et surtout dans un deuil particulier: quasi-veuve de son fils. Rien n'est simple, tout est singulier. Manuela fuit à Barcelone pour retrouver le père de son fils, un certain Esteban lui aussi, mais plus connu depuis leur séparation sous le nom de «Lola les gros lolos». En pleines retrouvailles avec Agrado, une amie pute, Manuela va encore changer de rôle: secrétaire à tout faire de Huma, comédienne et gouine en plein fatras conjugal, puis garde-malade de Rosa, une religieuse enceinte pas du tout par l'opération du Saint Esprit, puis baby-sitter de l'enfant de Rosa (fatalement prénommé Esteban III), puis mère adoptive, etc. Car si Manuela rame dans la galère des autres, improvisant pour chaque drame le sourire qui redonne courage, elle est surtout l'actrice sublime du meilleur rôle de sa vie: sa vie même. Alors oui, c'est sûr, Tout sur ma mère est un film essentiel, un torrent d'amour fou qui coule sous nos yeux pleins de larmes, un chœur de la vie qui passe, se traîne, merde, meurt, fulgure et se transmet, une chorale où nous sommes tous invités à devenir des choristes. Et zou! Viva la vie, nom d'un pétard! Révolutionnaire. Et les hommes dans tout ça? Et Almodovar en personne? Les hommes sont bien là, mais quasiment à leur insu. Non pas tant des salopards que des salopeurs, infirmes de leurs sentiments, même quand ils se bricolent, à l'instar de Lola, en père-mère de leur enfant. En ce sens, Tout sur ma mère est profondément révolutionnaire: maris, amants, fils, frères, pères ou pédés, messieurs, encore un effort pour être féminins, encore un coup de rein pour mériter de rejoindre le coin des filles, ravaudeuses de vie et tricoteuses de fictions. Quant à Almodovar, si le mot maturité n'avait pas aussi mauvaise réputation, il lui conviendrait comme un bas de soie. «Ça m'en a coûté d'être authentique», déclare Agrado, femme non biologique qui nous détaille ses opérations de chirurgie esthétique. Cette confidence vaut pour Almodovar. Il lui en coûté d'être authentique, larguant quelques illusions de la vie (Tout sur ma mère est aussi un cimetière, même si on le parcourt en fredonnant), abandonnant les maniérismes qui faisaient la mauvaise graisse de certains de ses films. Accouchement douloureux mais délivrance réussie: une manière libertine de faire du cinéma qui n'est que l'écho amplifié de son indéfectible affection pour les siens (mère folle, fille givrée, travelo céleste), un chant d'amour ciné-fils pour une famille inventée où tous conspirent à la fraternité du monde. Comment le dire? Donneur universel, Pedro Almodovar n'a pas que du cœur, il a aussi de beaux seins. Des seins gros comme ça!.

Recette :
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