Rollins-Joffe Productions
Présente


ANNIE HALL
Annie Hall
(1975)
  • Telerama :
  • Jean Tullard :


Distribution

Alvy Singer ............................................ Woody Allen
Annie Hall ............................................ Diane Keaton
Rob ............................................ Tony Roberts
Allison ............................................ Carol Kane
Tony Lacey ............................................ Paul Simon
Robin ............................................ Janet Margolin
Pam ............................................ Shelley Duvall
Duane Hall ............................................ Christopher Walken
Mrs. Hall ............................................ Colleen Dewhurst
Mr. Singer ............................................ Mordecai Lawner
Mrs. Singer ............................................ Joan Neuman
Alvy à 9ans ............................................ Jonathan Munk
une passante ............................................ Shelley Hack
un invité de Lacey ............................................ Jeff Goldblum
Laurie Bird
Sigourney Weaver
Marshall McLuhan
Beverly D_Angelo
Tracey Walter

Equipe de Tournage

Réalisateur ............................................ Woody Allen
Scénariste ............................................ Woody Allen
............................................ Marshall Brickman
Directeur photo ............................................ Gordon Willis
Décorateur ............................................ Mel Bourne
Producteur ............................................ Jack Rollins
............................................ Charles H. Joffe
Monteur ............................................ Ralph Rosenblum

Sortie : 7 Septembre 1977
Long métrage 35mm / couleur / DeLuxe
Genre: Comédie dramatique,
Durée: 1h30m

Alvy Singer, comique professionnel, quarante ans, après deux mariages ratés (le premier avec une jeune activiste aussi paumée que lui; le second avec une snob hypertendue qui s'adonnait aux cocktails littéraires et aux tranquillisants), rencontre Annie. Pour lui Annie représente tout ce qu'il n'a pas connu : l'apparente sérénité d'un tableau de Norman Rockwell, le poli d'une éducation bourgeois…

La première scène d’Annie Hall débute par un monologue de Woody/Alvy dans lequel il s’adresse directement au spectateur ; cette scène, très proche du one man show, genre dans lequel le réalisateur a excellé durant de nombreuses années, semble être une sorte de passerelle entre ses précédents films, burlesques, et la suite de sa carrière, faite de films plus profonds. En effet, cette scène inaugurale, bien que remplie d’humour, balance toujours entre comédie et références psychanalytique. Le ton est donné et les thèmes qui vont émailler par la suite les films de Woody Allen sont ici posés : l’amour, le sexe, la religion et la mort. Le personnage d’Alvy Singer est constamment en proie au doute, que ce soit dans sa vie affective ou sa carrière professionnelle (il joue le rôle d’un comique scénique et télévisuel), comme en témoigne cette scène où, lors d’un gala, il craint de passer sur scène juste après un autre comique, ce qui selon lui risque d’annihiler toute chance de faire rire son audience. Annie Hall, bien que très drôle, n’est que le constat d’une histoire d’amour ratée entre deux êtres que finalement tout sépare. L’utilisation constante de flash-back ne fait que renforcer cette impression d’état des lieux, le retour en arrière final qui nous remémore des scènes du film accentue cet aspect et donne au tout un aspect nostalgique. Alvy Singer est issu d’un milieu urbain, juif et populaire ; Annie Hall, vient d’un milieu bourgeois, provincial et WASP. Ces différences sont soulignées lors de dîners dans leurs familles respectives ; chez Alvy tout le monde parle fort, se sert comme il veut à table alors que chez Annie, la table est mise et l’ambiance y est plus calme. Alvy semble alors constater que ces différences culturelles rendront à terme, la rupture avec Annie, inéluctable, comme si ces clivages sociaux, religieux et culturels étaient des barrières impossibles à franchir. L’antinomie entre les deux personnages principaux est aussi symbolisée par l’amour qu’Alvy porte pour New York, et le désir d’Annie, d’aller s’installer à Los Angeles deux villes que tout oppose. Lors des scènes californiennes, le soleil brille, mais tout paraît vide, sans âme, alors qu’a New York la photo du film souligne des aspects chauds et rassurants. Les hommes et les femmes ne peuvent pas vivre ensemble car ils ne se comprennent pas, et comme tout bon habitant de la grosse pomme, Alvy et Annie suivent chacun une psychanalyse (on remarquera à ce propos qu’au début du film Annie est étonnée d’apprendre qu’Alvy est suivi pour son état psychique, alors qu’un peu plus tard, elle même sera suivie ; est ce l’effet Alvy/Wood ?). Le futur réalisateur de Manhattan, lors d’une scène mémorable ou les deux protagonistes se rendent chacun chez leurs psychanalystes, démontre cette incompréhension mutuelle. Alvy et Annie se voient poser les mêmes questions par leur thérapeutes respectifs, y répondent en même temps par le biais d’un Split screen ingénieux, mais de façon diamétralement opposée. Annie Hall est aussi une critique acerbe du monde de la télévision et du cinéma, alors qu’à New York les personnages parlent de Fellini et vont voir Le Chagrin et la Pitié, à Los Angeles, les cinémas diffusent des films d’horreur de série B et on y tourne des sitcoms avec des rires pré-enregistrés, chose assez paradoxale quand on sait combien les films de Woody Allen et particulièrement Annie Hall, ont inspiré de nombreuses sitcoms américaines, avec brio d’ailleurs, comme Friends ou bien encore Seinfeld. Entièrement porté par ses deux acteurs principaux, Woody Allen et Diane Keaton (la première muse de Woody Allen avant Mia Farrow) Annie Hall est un film drôle et nostalgique, l’un des sommets de la carrière de Woody Allen. Le film remporta d’ailleurs quatre oscars en 1977 dont celui du meilleur film . Mike Flaherty (Dvdclassik.com) (Cadrage, Revue du Cinéma) Si c'était ça la vie! Par Marie-Claude Mercier «J'ai toujours été timide avec les filles. Quand j'étais petit, j'ai volé un livre porno en braille. Je frottais les parties scabreuses. J'avais de bons rapports avec mes parents, ils ne m'ont frappé qu'une fois, ils ont commencé le 23 décembre 1942 et se sont arrêtés fin 1944. J'étais un enfant nerveux, je mouillais mon lit, j'avais une couverture chauffante, je m'électrocutais tout le temps.» -Woody Allen, Bananas Subissant l'influence de la Nouvelle Vague d'Europe, le cinéma américain de style indépendant n'a d'autre choix, vers la fin des années 1970, que de s'ajuster en se métamorphosant. ANNIE HALL de Woody Allen marque, avec le STAR WARS de George Lucas, le début de ce moment de transition, mettant fin au courant qui avait dominé aux États-Unis depuis les années 50. Étonnemment, le film a été bien reçu en 1977, remportant sa part d'Oscars. Dans ANNIE HALL, Woody Allen est Alvy Singer, un «stand-up comedian» nourrissant ses numéros de sa vie privée: amours, recontres, notamment celle avec Annie Hall (Diane Keaton). Dès 1942, j'avais déjà découvert les femmes», affirme Alvy. Car, inexorablement, Woody Allen, et accessoirement les personnages qu'il interprète, vivent entourés de femmes. En effet, il a démontré, dès ses premiers films, un attrait prononcé envers elles. ANNIE HALL comporte plusieurs séquences impliquant des femmes dans la vie d'Alvy. Par exemple, on y voit Alison et Robin, ses ex-femmes, et le spectateur est sensibilisé au type de relation qu'Alvy entretenait avec elles. Il ne faut donc pas se surprendre si le récit principal est en lien direct avec la relation qu'il entretient avec Annie, une copine d'un copain. En somme, il la manipule, ce qui la pousse à développer sa propre personnalité (aux deux tiers du film) et à se détacher de son emprise étouffante. En effet, Annie, insécure face à elle-même et s'improvisant photographe et chanteuse, tente inlassablement de s'ajuster à la vie et à celle d'Alvy. À ce propos, les deux performances d'Annie en tant que chanteuse marquent bien les deux phases du film: une Annie timide et insécure, versus une Annie indépendante et confiante. Stylistiquement, sa première performance sur scène (elle chante «Seems Like Old Times» de Carmen Lombardo) est constamment entrecoupée de distractions et de rires alors que le réalisateur coupe la séquence au coeur même de la chanson. À l'inverse, lors du dénouement du film, Annie s'est indéniablement découverte, démontrant, lors de sa seconde montée sur scène (avec «It Had to Be You» de Isham Jones), une forte confiance en elle. Sans doute, le tout va-t-il main dans la main avec la vague féministe des années 1970, à laquelle Alvin est confrontée. Quant au «Schlemiel» (l'intellectuel juif New Yorkais), il est encore et toujours un personnage-clé du monde allénien, particulièrement dans ce film (le film égratigne d'ailleurs l'étroitesse d'esprit des religieux extrémistes). Aliéné et égocentrique (Annie accuse Alvy d'être centré que sur lui-même), il séduit toutefois par son humour raffiné (auquel il a recours pour survivre) mais est incapable de former un couple stable avec une femme, ce qui le conduit inévitablement à la solitude. Le Schlemiel a tendance à «noyer» l'adversaire de paroles. Son Moi impose un monologue. Comme disait Annie à Alvy: «Tu es comme New York. Tu es une île à toi tout seul». Mais la relation amoureuse d'Allen dépasse l'attirance féminine pour s'exprimer également avec la ville de New York. Il en trace d'ailleurs un portrait idéalisé, un New York de ses rêves, malgré l'insalubrité présente à chaque coin de rue! L'auteur avoue toutes les difficultés qu'il a eu à filmer la ville, tant la saleté était présente partout. Allen souhaite seulement nous rappeler que New York est une métropole constituée en majeure partie d'immigrants et de leurs successeurs, vague en processus de transformation vers l'américanité. Par son style peu conventionnel (prises de vue larges, longs plans, longs dialogues, quasi-absence de montage), le cinéaste guide notre regard vers les éléments du hors-champ (la ville dans ce cas), car le hors champ met en valeur ce qui n'est pas visible. Il importe aussi de mentionner que rien n'est commun entre le Juif d'Allen et le WASP américain (l'Autre). Ce dernier va à l'encontre de l'oeuvre allénienne: c'est celui d'une Californie vide, du soleil («Le soleil est malsain. Tout ce que les parents estiment sain est malsain», affirme-t-il) et du «show buisness», en opposition à un New-York sombre où se regroupent les intellectuels. Ces pôles antagonistes sont parties intégrantes d'ANNIE HALL. Que se soit les parents d'Annie, le couple bronzé du tennis ou Tony Lacey (Paul Simon) et sa nonchalance («Je fais une soirée, juste pour parler et prendre un coup»), le constat est le même: ils représentent tous le pôle «WASP» dans le film, alors que les autres personnages représentent le pôle «Est-Urbain-New Yorkais». Pas étonnant que la campagne rend Alvy des plus nerveux! Le thème du «fétichisme non-manipulable» (1) est également au coeur de l'oeuvre d'Allen, dont ANNIE HALL en est la représentation particulière. Par exemple, le thème de la cinéphilie des personnages tourne inévitablement autour de ce fétichisme particulier, tant dans l'obsession d'Alvy d'amener ses conquêtes voir LE CHAGRIN ET LA PITIÉ, que dans son intolérance à manquer le début d'un film au cinéma. Il doit voir un film du début à la fin: «Je suis du type anal». Aussi, il refuse de performer après un comique lors d'un spectacle, il est obsédé par l'ambiguïté du meurtre de Kennedy et ne cesse de formuler des théories plausibles à ce sujet, et enfin, il paranoïe et voit partout dans les propos de ses interlocuteurs de subtils pointes contre les Juïfs. «C'est une question de prépus», dit-il. Et, comment peut-on oublier le psychiatre: «C'est tout naturel, le psychiatre ne fraie-t-il pas constamment avec la folie? (2)». Allen aborde ce thème avec ironie, dépendance et admiration, sans pour autant tendre vers le stéréotype, au point où cette figure sert au développement narratif de ses films (voir EVERYONE SAYS I LOVE YOU); ANNIE: Ah, vous vous faites analyser? ALVY: Oui, depuis quinze ans seulement. ANNIE: Quinze ans?! ALVY: Oui, je lui donne encore un an et puis je vais à Lourdes. Et toujours, le style du réalisateur est unique: «je n'aime pas trop les histoires trop réalistes», affirme-t-il (3), et ceci est encore plus vrai avec ANNIE HALL, où il cherche à questionner et briser les conventions cinématographiques (par exemple, il use d'un dialogue dirigé directement vers la caméra, comme dans la première séquence du film; il retourne dans le passé à la manière de Charles Dickens ou de Bergman; il adresse l'auditoire directement et va même jusqu'à tirer de force Marshall McLuhan dans le cadre afin de répondre à un argument diégétique à son sujet (4), etc.). Le metteur en scène incarne donc la toute-puissance en adoptant un regard voyeuriste sur le monde, appuyé par un style de photographie typiquement allénien. Par exemple, lors d'une séquence inoubliable au début du film, il utilise un objectif à très longue focal pour saisir la conversation entre Alvy et son ami Tony, alors que le spectateur n'arrive qu'au troisième quart de la séquence à se rendre compte que ces personnages, en très grande profondeur de champ, font l'objet du plan. Aussi, plusieurs plans-séquence dans le film montrent les points de vue des personnages, soutenus par leur narration diégétique (et non plus une voix-off extra-diégétique) sans que ceux-ci fassent partie du cadre. Finalement, la narration, où les personnages «défient» le spectateur en s'y adressant directement, est non-linéaire et non-chronologique. Il y existe un va et vient constant entre la fiction et le réel, moulant cette réalité en une forme désirée: «J'ai des problèmes à faire une distinction entre la fiction et la réalité» dit-il. Par exemple, Allen introduit des barrières entre la caméra et l'action (vitres et fenêtres, métaphoriques du cloisonnement d'Alvy) pour rappeler sans cesse au spectateur qu'il est bel et bien témoin d'une fiction (ou représentation). Il ira même plus tard jusqu'à interpréter des personnages qui eux aussi s'exprime par recours à la fiction (un cinéaste dans STARDUST MEMORIES, un écrivain dans DECONSTRUCTING HARRY, etc...). Il dit d'ailleurs à ce sujet: «Je me sens en mesure d'interpréter un écrivain ou un comédien, ou quiconque s'exprimant par le verbe et par recours à la fiction (...) Car la ligne de partage entre la vie, ma propre vie, et l'art est si indistincte (...) C'est chez moi un thème obsessionnel (4)». ANNIE HALL se présente donc comme une simple rencontre-rupture entre deux personnages, alors qu'il en camoufle beaucoup plus. ANNIE HALL ne serait-il pas d'abord une autobiographie d'Allen et de Keaton? Et le film ne se présenterait-il pas comme une critique dirigée vers le cinéma et les médias en général, dans leur manie de mouler la fiction et la réalité? On a qu'à penser au ridicule du personnage de Tony Roberts, l'ami californien de Singer, fier producteur/interprète de «soaps» américains qu'il ponctue stratégiquement de rires en canne... Marie-Claude Mercier Février 2001 (1) Voir Vincent Amiel, «Les fantômes de Woody Allen», dossier sur Woody Allen dans Positif, 1999. (2) Valérie Houot, «Un septuor à cordes: Woody Allen et les psychiatres», dossier sur Woody Allen dans Positif, 1999. (3) Michel Ciment, Entrevue: «Tous mes films ont un rapport avec la magie», dossier sur Woody Allen dans Positif, 1999. (4) Petite anecdote à ce sujet: le réalisateur, ayant eu l'intention d'utiliser Federico Fellini dans cette séquence (car son nom y est aussi mentionné) a dû, conflit d'horaire oblige, se résigner à utiliser McLuhan. (5) Michel Ciment, op. cit.

Critique de Claire Devarrieux (Le Monde septembre 1977) Woody Allen, c'est quelqu'un de bien, qui fait des films avec une pensée derrière et des sentiments au fond. Annie Hall, c'est donc un film bien - une femme aussi -, plein d'idées pour le cinéma et sur la vie, à partir de celle d'un juif new-yorkais, artiste et psychanalisé. C'est drôle, désespérément drôle, sérieux et vaguement surestimé, mais, s'il fallait emporter un film sur une île déserte, ce pourrait être celui-là, on ne s'ennuirait pas à réfléchir dessus. (Les Fiches cinéma 1977) Avec Annie Hall, se confirme le talent de Woody Allen en même temps que s'affirment ses dons de conteur et que s'affine son sens du comique. Délaissant la parodie et une certaine façon satirique de voir les choses, Woody Allen se regarde dans un miroir, constate, juge, s'interroge et réfléchit. La jeunesse, le travail, la société, l'homme et l'amour sont ses sujets... Et tout cela nous vaut un spectacle de grande qualité (aussi bien technique qu'artistique), original et intelligent, à l'humour et à la réflexion savamment dosés. (Marguerite Duras) J'ai vu Annie Hall, hier soir, pour être un peu à votre hauteur, vous, gens des Cahiers du Cinéma, si instruits des choses de cinéma. Sur le moment, j'ai été assez charmé, c'est le mot, j'ai trouvé ça charmant, et puis ça s'est dissipé. Le lendemain matin il ne restait plus rien. Je crois que pour Woody Allen, cet inconnu de moi il y a encore quelques jours, il s'agit d'un art très concerté, et de même, d'un humour très régional, méticuleusement mis au point, beaucoup moins vaste que celui de Chaplin. Woody Allen, il est seulement là ou il est. Autour de lui rien ne bouge, les choses restent différentes, elles ne partent pas avec lui, il ne modifie rien. New York autour de lui est pareil. Il traverse New York et New York est pareil. L'espace de Chaplin, dans Les lumières de la ville, est tout entier habité par lui. Il résonne de Chaplin tout entier. Où qu'il soit, dans New York ou ailleurs, tout résonne de Chaplin après son passage. Tout est de Chaplin. Toute la ville, les villes, les rues. Tout devient de Chaplin, après son passage… A côté de lui, Woody Allen est avare, c'est un épargnant. Il est dans une série de numéros, de scènes plus ou moins réussies, dans toute une série de gags très très joués, très calculés, très locaux, très pris " sur le vif ", et en fait très élaborés. C'est, de la même façon que l'on parle de " parisianisme ", le " new-yorkisme " de nos années-ci. Je n'ai pas retrouvé New York dans Annie Hall, j'ai trouvé un mode de vie, comme ça, comme je l'ai connu à New York, assez sinistre mais pas l'éternel de NY-la Babylone… J'ai hésité, mais ça m'est égal de parler ainsi de Woody Allen. De toutes façons, il est encensé par la critique, rien ne peut plus l'atteindre… Extraits d'un texte paru dans le numéro spécial " Les yeux verts " des Cahiers du Cinéma, juin 1980 (numéro 312-313). Réédité dans la Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1996

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