Ognon Pictures
Présente


Y AURA T-IL DE LA NEIGE A NOEL?

(1996)
  • Telerama :
  • Jean Tullard :


Distribution

Dominique Reymond
Daniel Duval
Jessica Martinez
Alexandre Roger
Xavier Colonna
Fanny Rochetin
Flavie Chimenes
Jeremy Chaix
Guillaume Mathonet

Equipe de Tournage

Réalisateur ............................................ Sandrine Veysset
Scénariste ............................................ Sandrine Veysset
............................................ Antoinette De Robien
Directeur photo ............................................ Hélène Louvart
Décorateur ............................................ Jack Dubus
Producteur ............................................ Humbert Balsan
Monteur ............................................ Nelly Quettier

Sortie : 25 Décembre 1996
Long métrage 35mm / couleur
Genre: Drame,
Durée: 1h30m

Une exploitation maraîchère du sud de la France. La mère, avec ses sept enfants qui vont rentrer à l’école sitôt les vacances terminées, s’active avec énergie aux travaux, tandis que le père va, vient, repart avec son camion. Il y a les salades trop petites pour la vente, la voisine qui ne doit pas tout savoir, les conditions de vie précaires: pas de salle de bain, il faut chauffer l’eau et se laver à la bassine. Un soir, le père va chercher la fille aînée qui conte fleurette sous la pluie à son petit ami. En route, il cherche à abuser d’elle…

Sélectionné au Festival de Cannes 1996 dans le cadre de Cinémas en France, lauréat du Prix spécial du jury et du prix d’interprétation féminine au XIe Festival du film de Paris, ce premier film de Sandrine Veysset obtint surtout le Prix Louis-Delluc ainsi que le César de la meilleure première œuvre. Née à Avignon en 1967, étudiante en arts plastiques et en lettres modernes, la réalisatrice se rendit en voisine, en 1988, sur le tournage des AMANTS DU PONT-NEUF, près de Montpellier. «Un ami m’avait signalé que Léos Carax cherchait des petites mains pour travailler sur le décor. (…) Moi qui n’avais jamais mis les pieds à Paris, voir le Pont-Neuf reconstruit en rase campagne, ça m’a fichu un choc. Je me suis tout de suite sentie dans mon élément.» (in “Télérama”, n°2449). Ne connaissant jusqu’alors pas grand-chose au cinéma, elle se laissa convaincre par Carax d’écrire sérieusement les histoires qu’elle lui racontait. Venue à Paris deux ans plus tard pour un séjour d’une semaine, elle s’y installa. Obtention de l’avance sur recettes, recherche d’un producteur (le troisième fut le bon), puis tournage étalé sur cinq mois et calé sur les vacances scolaires en fonction des enfants, à qui elle demanda de s’appeler entre eux, hors tournage, par les prénoms du film. «Je voulais qu’ils se sentent sur le décor comme chez eux. (…) J’ai simplement essayé qu’ils se sentent vivants, plutôt que de se croire acteurs.

Le masque et la plume : MICHEL CIMENT, POSITIF : "C'est un très beau film, très ambigu sur les rapports affectifs. Il y a, par exemple, ce personnage phallocrate, le Père qui est l'amant, qui a eu 7 bâtards avec cette femme ; en même temps, cet homme est lié à cette femme par un lien physique très fort, par un amour touchant. Ce n'est pas un tract féministe, pas du tout... Ce que je trouve aussi beau, ça ne tombe jamais dans le naturalisme, il y a un côté "conte de fées". Le film se joue sur trois saisons, c'est très beau : au début, c'est surexposé, c'est vraiment l'été ; plus on avance, plus c'est l'hiver et plus les personnages se refroidissent. En fait, le film tire vers le drame. Je trouve ça vraiment très fort. C'est aussi un film plein d'énergie : la façon dont cela est filmé a une sorte de vitalité, sans que cela soit brouillon : une mise en scène tout à fait forte..." PIERRE MURAT, TELERAMA : "Je l'ai vu au Festival de Cannes. Je déteste le naturalisme, je me suis dit : "Oh là, là !" Une femme, 7 enfants, un père acariâtre, des travaux... Moi, qui n'aime que le bitume et le polar et Raymond CHANDLER, j'ai été complètement happé par ces personnages qui sont tous d'une beauté, d'une force absolument admirables. Le père, joué par DUVAL, je ne lui trouve pas beaucoup d'excuses, mais elle l'a dans la peau, elle continue à l'aimer : c'est formidable. Ce qui est très beau et qui dépasse le naturalisme, c'est le lien que cette femme a avec ses enfants qui sont 7, référence aux 7 nains. Pour qu'un film qui a tous les défauts pour me déplaire à moi subjectivement me plaise et m'enthousiasme, c'est qu'il est vraiment formidable..." ALAIN RIOU, NOUVEL OBSERVATEUR : "C'est un film absolument merveilleux, bouleversant. Le dernier quart d'heure ! La progression de cette chronique est climatique : on s'enfonce vers l'hiver, on ne s'enfonce pas vers le sombre, on s'enfonce aussi vers le merveilleux... Mais la plus grande qualité, à mes yeux, c'est que c'est le premier film que je vois où il n'y a vraiment pas de mise en scène ! Je déteste la mise en scène comme je l'ai très souvent expliqué à cette tribune... -- MURAT : "Mais ça te prend tous les 3 mois..." -- "C'est un film totalement dépourvu de mise en scène... -- CIMENT : C'est comme le rhume des foins !" -- "Il n'y a pas de naturalisme ! Surtout qu'on ne vienne pas parler de Léos CARAX ! (la réalisatrice a été son chauffeur à Avignon - JFH). C'est un film où elle s'est borné à raconter, à montrer ce qu'elle savait, ce qu'elle a vécu..." -- MURAT : "Borné ??" -- "Elle l'a fait avec ce qui caractérise les Grands..." -- CIMENT : "Elle a 29 ans, elle n'a pas vécu !" -- MURAT : "C'est mis en scène ! Le talent, c'est la mise en scène..." -- "C'est quelque chose comme LE PETIT CHOSE..." -- MURAT : "Ben, LE PETIT CHOSE est écrit !" -- "Comme un témoignage, c'est écrit avec sobriété..." -- MURAT : "C'est mis en scène avec sobriété." -- "Pour vous, quand on vous écoute, la Mise en Scène : c'est l'Art de trouver une façon bizarre de raconter les choses peu ordinaires..." -- MURAT : "J'hallucine !" -- "La caméra est exactement là où il le faut pour voir la scène..." -- PHILIPPE COLLIN : "La caméra, elle est dans des situations d'une quotidienneté de type reportage, de type naturaliste : elle est exactement au lieu géométrique où ils peuvent s'exprimer le mieux, les gestes et les passions de 8 personnages d'un coup : si ce n'est pas ça de la mise en scène !" -- "Ca c'est du Cinéma, pas de la mise en scène..." -- MURAT : "Mais si, c'est de la mise en scène, enfin !! Mais qu'est-ce que ça veut dire d'autre, la mise en scène ?" -- "J'ai contre la mise en scène un ripolin que l'on place sur des contenus inintéressants pour que des gens comme toi puissent dire : "Evidemment l'histoire n'est pas formidable" : au moins, on n'est pas dérangé par l'histoire, et alors quels mouvements d'appareil ! Quelle rigueur..." -- CIMENT : "Oui, m'enfin, tu aimes Orson WELLES ?" -- MURAT : "Et Max OPHULS ?" -- "J'aime Orson WELLES à cause de ce qu'il montre..." -- CIMENT : "Et ses mouvements de caméra..." -- "Je ne les vois même pas, je suis pris..." -- MURAT : "Il y a une mise en scène chez Max OPHULS, enfin !" PHILIPPE COLLIN, ELLE : "J'avais voté pour ce film [pour le prix DELLUC]. Je trouve le film magnifique. C'est un film dont il est difficile de parler, justement de la façon dont il est fait parce qu'on touche au vrai talent de cinéaste. Qu'est-ce que c'est que le Cinéma ? C'est de montrer les images et de faire entendre des sons de la réalité de la façon la plus simple et la plus efficace possible sans aucun effet... Ca, c'est magnifique. Il n'y a pas toutes ces astuces de situation de reportage ou de cinéastes avec cette écriture de maintenant avec des plans très courts... Ce film m'a fait penser à une chose, à un film qui n'est pas jeune, à certains moments du TONI de Jean RENOIR..." -- RIOU : "Evidemment." -- "Malgré cette femme et ses 7 bâtards, ce n'est pas la complainte de la pauvre orpheline. Ce n'est pas Zola, enfin, ce n'est pas ce que l'on appelle le mauvais ZOLA..." -- MURAT : "C'est presque une tragédie." -- "C'est ça qui est magnifique." -- "Elle doit bien se marrer, Sandrine VEYSSET, en nous entendant... Je n'étais pas au tournage, je ne sais pas si elle fait 42 prises, si elle dessine ses plans avant ou après, peu importe... Je défie un débutant pas doué de faire un film de cette qualité-là. On est là au coeur même du Cinéma..." -- MURAT : "Et de la mise en scène..."

Recette :
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