Harry Saltzman

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BIO: Harry Saltzman (Producteur de JAMES BOND CONTRE DR NO, BONS BAISERS DE RUSSIE, GOLDFINGER, ON NE VIT QUE DEUX FOIS, LES DIAMANTS SONT ETERNELS, VIVRE ET LAISSER MOURIR, L'HOMME AU PISTOLET D'OR et d'OPERATION TONNERRE)
Né le: 27 octobre 1915 à St. John, New Brunswick (Canada)
Décédé le: 29 septembre 1994 à Neuilly-sur-Seine (France)

AVANT 007
Harry Saltzman est né pour faire du show-business. Cet homme a cette confiance en soi qui attire la chance et la fortune. Saltzman sait toujours agir comme si d'énormes sommes d'argent étaient en jeu. Ce talent attire les plus grands noms du show-business et conduit Harry Saltzman, m'me en excluant les James Bond, à participer à quelques-unes des meilleures créations populaires et artistiques de son temps.

Bien qu'il soit né au Canada, Saltzman grandit à New York. Avec un esprit d'entrepreneur hors du commun, il réussit, encore adolescent, à trouver du travail dans le music-hall à Long Island. Bientôt, il découvre comment les agents deviennent riches alors que tous les autres semblent à peine gagner leur vie. A quatorze ans, prétend Saltzman, il commence à engager des spectacles de music-hall à New York. A seize ans, ayant attiré l'attention malvenue des imprésarios de la côte est, Saltzman quitte les Etats-Unis pour la France. Bien qu'encore jeune, il a déjà accumulé une fortune.

En Europe, Saltzman travaille sur la scène du music-hall parisien, mais sans la même réussite. Il dirige un cirque et se lance dans d'autres spectacles. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Saltzman sert d'interprète au commandement allié. Après la guerre, il retourne à New York, où la télévision connaît une popularité croissante. Rapidement, il produit des séries telles que "Robert Montgomery Presents" et "Captain Gallant of the Foreign Legion".

Lassé de la télévision, il quitte New York une fois de plus, pour se rendre en Angleterre. Là il produit des films et bénéficie ainsi de la subvention accordée aux films produits en Grande-Bretagne. Il produit son premier film, THE IRON PETTICOAT, une reprise de NINOTCHKA avec Bob Hope.

Peu de temps après, Saltzman devient l'un des fondateurs (avec le réalisateur Tony Richardson et l'auteur John Osborne) de Woodfall Productions. Ils remportent un grand succès avec LES CORPS SAUVAGES, LE CABOTIN (avec Laurence Olivier), et SAMEDI SOIR ET DIMANCHE MATIN, un classique du genre qui assure la célébrité à Albert Finney. Au début de l'année 1960, Saltzman quitte Woodfall, en désaccord avec Richardson et Osborne qui refusent que les considérations commerciales influent sur leurs films.

DU ROMAN A L'ECRAN.
L'étape suivante, aux objectifs clairement commerciaux, est de garantir une option de six mois sur tous les titres James Bond existants et à venir, à l'exception de Casino royale qui avait déjà été vendu. "J'avais lu les romans de Ian Fleming et mon avocat à Londres, Brian Lewis, était également l'avocat de Fleming" déclare-t-il en 1987.

Inconnu de Saltzman, un autre producteur (Albert R. Broccoli), qui fut auparavant le partenaire de Irwin Allen, montre également son intér't pour les romans. A la fin des six mois de Saltzman, Wolf Mankowitz, un auteur et ami commun, présente les deux producteurs. Impressionné par les relations de Broccoli dans le monde du cinéma, mais refusant d'abandonner son avantage de facto, Saltzman s'associe avec Broccoli.

Après que la Columbia a rejeté leur projet, ils apportent les droits de James Bond à United Artists, dont le directeur à Londres est justement un grand fan des aventures de 007. Le duo signe un contrat avec UA.

Après avoir terminé JAMES BOND CONTRE DR NO, le studio est tellement déçu qu'il doit supplier UA de le distribuer commercialement en Grande-Bretagne. Le film pulvérise tous les records.

Ensuite vient BONS BAISERS DE RUSSIE, qui est le film préféré de Saltzman, dira-t-il plus tard. Les associés continuent de prospérer, mais tandis que Broccoli se concentre sur les James Bond, Saltzman est impatient de s'essayer à d'autres projets. Il est le fer de lance de la série de films d'espionnage Harry Palmer avec Michael Caine qui commence avec IPCRESS DANGER IMMEDIAT. Il produit le FALSTAFF d'Orson Welles et LA BATAILLE D'ANGLETERRE, une épopée sur la Seconde Guerre mondiale.

A la fin des années 60, les relations entre les deux super-producteurs sont quelque peu tendues. Le réalisateur Guy Hamilton, qui s'entendait bien avec l'un et l'autre, demande que seul l'un des deux producteurs soit présent sur les lieux de tournage des DIAMANTS SONT ETERNELS et des films à venir qu'il réaliserait. Ainsi, les deux producteurs apparaîtront tour à tour sur le lieu de tournage lors des trois derniers films qu'ils produiront ensemble. Après les recettes décevantes de L'HOMME AU PISTOLET D'OR, Saltzman, pour plusieurs raisons, décide de vendre sa part de l'agent 007. Il la vend à United Artists, laissant Albert R. Broccoli et sa famille seuls producteurs de tous les James Bond officiels à suivre.

POST BOND

Saltzman a fait construire une résidence secondaire à Saint-Pétersbourg, en Floride, en 1968, ne pensant jamais y habiter. En 1975, sa femme Jacqueline est atteinte du cancer et Saltzman a le sentiment qu'il doit se retirer, placer son argent et vivre de ses rentes en Floride. La femme de Saltzman meurt en 1979.

Les succès de Saltzman avec 007 lui permettent de s'engager financièrement sur le Technicolor au milieu des années 70. C'est un investissement désastreux. Il se lance également dans les appareils photo Eclair, en France, et dans un certain nombre de placements immobiliers et financiers. En 1976, il tente de racheter les studios Shepperton en Angleterre, résidence des films d'horreur Hammer. Comme le contrat ne se matérialise pas, il tente de racheter les studios Pinewood, la maison de 007. Il essuie également un échec.

Après avoir produit NIJINSKY en 1980, Saltzman se retrouve presque à la retraite de la production de film. Bien que malade, il devient directeur de l'agence des thé‚tres H.M. Tennent, Ltd. Au milieu des années 80, la compagnie remporte un vif succès avec "The House of Bernarda Alba" avec Glenda Jackson.

Saltzman se remarie en 1982. Quatre ans plus tard, il souffre d'une crise cardiaque qui altère son élocution pendant six semaines. En 1990, il quitte définitivement l'Angleterre et s'installe dans sa résidence secondaire, située près de Versailles. Il participe au financement de films jusqu'à ses derniers jours. Il meurt d'une crise cardiaque. Evoquant Saltzman, le producteur de 007 Michael G. Wilson se souvient: "Cet homme était un géant de l'industrie cinématographique.