(James bond) Roger Moore

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Acteur:   Roger Moore 

BIO : Roger Moore (James Bond dans VIVRE ET LAISSER MOURIR, L’HOMME AU PISTOLET D’OR, L’ESPION QUI M’AIMAIT, MOONRAKER, RIEN QUE POUR VOS YEUX, OCTOPUSSY, et DANGEREUSEMENT VOTRE)
Né le : 14 octobre 1927 à Londres (Angleterre)

DEBUTS MODESTES

Roger Moore a passé une grande partie de sa carrière à reprendre des rôles déjà célèbres. Avant de reprendre 007, il prend la suite de James Garner dans la série télévisée "Maverick", et succède à George Sanders et Louis Hayward dans "Le Saint". "Je remplace tout le monde", dit un jour Roger Moore en blaguant. "D’ici 3 ans, j’aurai remplacé Mickey Mouse."

 

Fils d’un agent de police londonien nommé George Alfred Moore, Roger est né à Stockwell, au sud de la Tamise. "Nous n’étions certainement pas parmi les plus riches, dit-il, bien que je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit." Il était plutôt gros garçon, développant son sens de l’humour comme moyen de défense. "Mon père m’attrapait, je me souviens, par la ceinture de mon imperméable et la serrait fort en me disant, tu es comme un sac de pommes de terre attaché par le milieu, moche." Juste avant la Seconde Guerre mondiale Roger Moore et sa mère sont évacués d'abord dans le Sussex, puis à Chester. La "fausse guerre" d’Hitler plonge tout le monde dans une sécurité illusoire. Les personnes évacuées, dont Roger et sa mère faisaient partie, reviennent avant de repartir quelques mois plus tard dans le Buckinghamshire, quand la guerre commence réellement. Là, Roger entre à l’école primaire du Dr Challoner et le soir, regarde Londres, où son père travaille au commissariat de police de Bow Street, brûler au loin.

L’art et le dessin sont les matières préférées de Roger et lorsqu’il quitte l’école pour trouver un emploi, il est présenté à un cadre de la société Publicity Pictures Productions dans West End à Londres, spécialisée dans les dessins animés. Pour 3,50 livres par semaine, Roger travaille comme graphiste et homme à tout faire - il prépare le thé ou fait les courses. Un matin tout va de travers : il oublie de faire une course, le thé est froid et, pire, il fait une erreur sur un celluloïd. Il est viré.

Roger Moore se retrouve au chômage. Pour qu'il gagne un peu d'argent, quelqu'un lui conseille de prendre un rôle de figurant dans un film tourné aux studios Denham, CESAR ET CLEOPATRE. "Il ne m’était jamais venu à l‘esprit quoi que ce soit en rapport avec le métier d’acteur, mais je me suis rendu dans un bureau à Wardour Street, dans Soho, et j’ai offert ma candidature. J’ai reçu un bout de papier et effectué le long voyage en bus jusqu’au studio", se rappelle-t-il.

"J’ai gardé ce boulot sympathique pendant quelques temps, et le troisième jour, alors que je passe la porte d’entrée, une voiture s’arrête à côté de moi." Le co-réalisateur du film était Brian Desmond Hurst, et c’est lui qui sort la tête de la voiture. Hurst demande à Moore s’il est intéressé par le métier d’acteur. "Je ne pensais pas ne pas être intéressé par le métier. Depuis ce jour-là, il me semble que j’ai toujours voulu être un acteur !" dit-il. Hurst dit à Moore que si sa famille peut l’aider financièrement quelques temps, il lui paiera ses études à la Royal Academy of Dramatic Arts.

Roger se souvient de cette époque à l’académie comme étant la plus heureuse de sa vie. Après trois trimestres à l’école, il décide de partir et d’acquérir de l’expérience. Il part pour Cambridge où il joue durant une saison les pièces de Bernard Shaw.

 

Nous sommes en 1945. Si la guerre est terminée, ce n'est pas le cas du service militaire et Roger est appelé à servir sous les drapeaux. Sa famille est aux anges lorsque Roger est envoyé à l’école d’officiers (grâce en grande partie aux cours d’élocution suivis à l’académie qui éliminent son accent du terroir au profit d’un accent de la haute société). Officier en mission, il se voit confier la responsabilité d’un dépôt de matériel en Allemagne, à Scheslick. Durant sa première permission en Angleterre, il épouse une fille rencontrée à l’académie, Doorn Van Steyn.

Le monde du théâtre ne s’est pas exactement mis en quatre pour embaucher Roger Moore à sa sortie de l’armée. Mais il obtient 30 jours de travail dans le film TROTTIE TRUE. Après une longue période de chômage, il réussit à entrer dans une troupe, le Intimate Theatre. Sa première pièce est "Easy Virtue" de Noël Coward.

Après un petit rôle dans THE PAPER ORCHID, Roger trouve un meilleur moyen de gagner sa vie, comme mannequin. Michael Caine se souvient que Roger figurait dans tellement de pages publicitaires pour des pull-overs qu’il est appelé le "grand au tricot". A cette époque, il rencontre une jeune mannequin, Audrey Hepburn. Ils deviennent d'abord amis, puis voisins.

L’essor de sa carrière intervient lorsqu’il double l’acteur David Tomlinson dans "The Little Hut" à Londres. Robert Morley jouait également dans la pièce. Roger se rappelle avec quelle aisance Robert lui faisait signe des yeux, car il n’avait pas eu assez de répétitions, pour lui expliquer où il devait se placer. Il obtient également un petit rôle dans la pièce "Mr. Roberts". Pendant la production de cette pièce, il accepte de divorcer d'avec Doom et rencontre Dorothy Squires. Un an plus tard, lorsque son divorce est prononcé, il épouse Dorothy Squires aux Etats-Unis.

En Amérique, on lui propose une pièce télévisée avec Diana Lynn et Phyllis Kirk. D’autres pièces suivent, et très rapidement tous les grands studios demandent à le voir. "Il semble qu’à cette époque j’étais soit à Hollywood dans des pièces télévisées où en Angleterre, alors que Dorothy était aux Etats-Unis, en Australie ou ailleurs dans le monde. Nous n’étions pas souvent ensemble" confie Roger Moore.

Son premier film est LA DERNIERE FOIS QUE J’AI VU PARIS de la MGM, avec Elizabeth Taylor et Van Johnson. Suit MELODIE INTERROMPUE, puis un rôle principal avec Lana Turner comme partenaire dans DIANE DE POITIERS (avec Pedro Armendariz également, dans le rôle du Roi de France). Ensuite il obtient le rôle principal dans les séries télévisées "The Alaskans" et "Ivanhoe". Quand James Garner quitte la série populaire "Maverick", il est remplacé par Moore dans le rôle du cousin Beau. "Ils disaient que je ne remplaçais pas Jim Garner, mais tous les vêtements avaient son nom imprimé autour de la taille" se souvient-il en riant.

 

SA SAINTETE

"Pendant le tournage de ‘Ivanhoe’ j’étais déprimé et je me sentais enfermé dans un rôle. C’était amusant, mais je n’avançais pas" dit-il un jour. Il tente d’acheter les droits télévisuels d’un personnage créé par l’auteur Leslie Carteris car, dit-il, "j’avais le sentiment que ce rôle était écrit pour moi". Mais "Le Saint" n’était pas à vendre.

"J’ai eu vent de rumeurs à propos d’une série télévisée sur un anglais qui voulait devenir cow-boy. J'ai été sélectionné pour jouer le rôle, dit-il. Mais c’était trop. Je voulais arrêter. J’ai demandé et obtenu la résiliation de mon contrat."

Il rentre en Europe, où une pile de scripts l’attend. Il choisit de faire un film italien traitant de la création de Rome, L’ENLEVEMENT DES SABINES. Son partenaire est une actrice italienne, Luisa Mattioli. "Ca peut paraître stupide, dit Roger Moore, mais je crois que je suis tombé amoureux dès que je l’ai vue." Ils se sont mariés par la suite.

Il tourne un autre film à Rome, NO MAN’S LAND, puis s’installe à Venise, où son agent l’appelle pour lui dire que Lew Grade a obtenu ce que Roger voulait quelques années plus tôt, à savoir les droits du "Saint". En plus, il souhaitait que Roger Moore joue le rôle.

Roger explique que pendant sept ans, "Le Saint" a complètement dominé sa vie. Il a finalement été vendu à 80 pays, et est toujours regardé. La série permet à Roger Moore de produire, de réaliser et de jouer. Pendant le tournage, il a une idée pour une autre série, "Amicalement vôtre".

Roger Moore avait tourné CROSSPLOT et THE MAN WHO HAUNTED HIMSELF lorsque Lew Grade vient le voir à propos du tournage de "Amicalement vôtre" avec Tony Curtis. "Tu dois le faire, lui dit Sir Lew, parce que je l’ai déjà vendu, et avec toi dans le rôle principal." Roger Moore accepte. Il avait pourtant juré de ne plus refaire de série télévisée.

MON NOM EST BOND

Alors que "Amicalement vôtre" touche à sa fin, Roger Moore reçoit un coup de téléphone du producteur des James Bond, Harry Saltzman. Ils sont à la recherche d'un nouveau 007, et ils veulent Roger Moore. Quand ce dernier accepte, ils lui demandent de perdre du poids. Il y parvient. Ils lui demandent de se couper les cheveux. Il le fait. Ils lui demandent de perdre encore quelques kilos et de se faire couper les cheveux encore plus courts. Moore leur demande finalement pourquoi ils n’ont pas engagé un acteur mince aux cheveux courts dès le début.

Dans son livre Roger Moore : le journal de James Bond, publié après la sortie de VIVRE ET LAISSER MOURIR, Moore remarque : "Ma conception de 007 n’est pas celle d’un homme qui aime tuer. Je ne veux pas être un personnage de Sam Peckinpah, qui trouve dans le meurtre un plaisir évident, et pourtant quand il faut appuyer sur la détente, Bond est plus rapide et plus précis.

" Son approche plus légère du personnage de 007 semble appropriée aux années 70, une époque où la détente et la glasnost succèdent à la guerre froide. William Cartlidge, producteur associé des 007, dit lors dans une interview que "Sean... est un écossais très sérieux qui peut toutefois alléger son jeu. Roger est très chaleureux et il doit parfois assombrir son jeu". Lewis Gilbert, qui dirige Roger Moore dans L’ESPION QUI M’AIMAIT et MOONRAKER, a dit que "Roger Moore était l’homme qui convenait, à l’époque qui convenait."

Quand, des années plus tard, un journaliste lui fait la remarque qu'il a joué 007 de la même manière que Le Saint, Roger Moore réplique : "J’essaie d’être différent dans tout ce que j’entreprends mais malheureusement je suis toujours à peu près moi-même."

Après L’HOMME AU PITOLET D’OR, Moore tourne le téléfilm "Sherlock Holmes à New York". Il fait également deux apparitions dans GOLD et SHOUT AT THE DEVIL, réalisé par Peter Hunt, ancien réalisateur des James Bond. Après MOONRAKER, il joue l’antithèse de 007, un misogyne excentrique qui adore les chats, dans FFOLKES, et parodie son image de super-espion suave dans L’EQUIPEE DU CANNONBALL. Il est invité dans des programmes télévisés tels que "Laugh-In" et tente même d’être l’hôte du "Tonight Show", expérience qu’il juge terrifiante.

Ses plus grands succès viennent de James Bond, et ses aventures avec 007 sont des succès assurés auprès du public. "Je pense que les Bond sont des films merveilleux, dit-il, et l'acteur est très bien traité. Souvent, au milieu d’une journée de travail, je m’arrête et je me dis Mon dieu, ils vont vraiment te payer pour être un gosse et vivre tes fantasmes!"

Mais les fantasmes ont un prix pour Roger Moore. Il déclare à un journaliste que "pendant le dernier 007 (OCTOPUSSY) je me suis coupé la main avec du verre... je me suis déboîté l’épaule, mais il faut continuer à aller travailler. J’ai eu des trous dans le dos, c’était dans L’ESPION QUI M’AIMAIT". Déjà le premier jour de tournage devant les caméras de 007, dans VIVRE ET LAISSER MOURIR, il se casse une dent lors d’un accident en bateau.

"Après sept James Bond, dit-il, j'avais la sensation que tout le monde était lassé de moi, et j’en avais assez de James Bond... Bien que je sois fier d’être toujours en grande forme, cela devient un peu vicieux quand un James Bond plus âgé séduit ou est séduit par des femmes plus jeunes."

Ses dernières années, Moore a été l’hôte de nombreuses soirées télévisées, et est lui-même l’objet d’un documentaire dans la série "Biography" sur le câble. Son rôle le plus récent lui est confié dans THE QUEST, aux côtés de Jean Claude Van Damme. Il donne aussi beaucoup de son temps à l’UNICEF, une organisation caritative dans laquelle il s’investit grâce à sa très longue amitié avec l’actrice Audrey Hepburn.