Présente

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT
Dial M for murder
(1954)
  • Telerama :
  • Jean Tullard :


Distribution

Margot Mary Wendice ............................................ Grace Kelly
Tony Wendice ............................................ Ray Milland
Mark Halliday ............................................ Robert Cummings
Charles Alexander Swann ............................................ Anthony Dawson
Insp. Hubbard ............................................ John Williams II
Leo Britt
Patrick Allen
George Leigh
George Alderson
Robin Hughes

Equipe de Tournage

Réalisateur ............................................ Alfred Hitchcock
Scénariste ............................................ Alfred Hitchcock
............................................ Frederick Knott
Origine de scénario ............................................ Frederick Knott
Directeur photo ............................................ Robert Burks
Décorateur ............................................ Fernando Carrere
Compositeur ............................................ Dimitri Tiomkin
Producteur ............................................ Alfred Hitchcock
Monteur ............................................ Rudi Fehr

Sortie : 10 Octobre 1954
Long métrage 35mm / couleur / WarnerColor / WarnerVision 3-D
Genre: Suspense,
Durée: 1h40m

Un ancien champion de tennis, Tony Wendice, ayant découvert que sa femme Margot a un amant, décide de la supprimer sans laisser de trace afin d'hériter de sa fortune. Pour exécuter le meurtre, il a recours aux services de Lesgate, ancien camarade de jeunesse qu'il tient par un chantage...

(Entretien avec Peter Bogdanovich en février 1963) Pour quelle raison essentielle avez-vous tourné Dial M for Murder ? Pour me mettre à l'abri. Quand vous avez quasiment vidé vos batteries, quand vous avez épuisé toute créativité, et que vous devez quand même continuer, il faut vous mettre à l'abri et jouer sur du velours. Prenez une pièce qui a remporté un certain succès, qui n'exigera pas grand effort de votre part et tirez-en un film, histoire de ne pas perdre la main, de rester dans la course. Dans ce métier, il ne faut jamais rien entreprendre qui ne promette pas de donner quelque chose de potable. Si vous devez faire un film, comme moi, qui me trouvais alors sous contrat à la Warner, ne prenez pas de risques inutiles. Trouvez une pièce et tirez-en un film qui se tienne - quitte à vous contenter de photographier des gens en train de parler. Cela n'exige qu'un peu de métier. Mais le fait d'adapter une pièce à l'écran présente un autre avantage notable. Certains commettent à mon sens l'erreur d'ouvrir la pièce sur le monde extérieur pour l'adapter à l'écran. C'est une grosse erreur. je crois que le théâtre suppose de prendre en compte les contraintes de la scène et de s'y conformer. Ce sont ces contraintes qu'exploite le dramaturge. Les négliger revient à défaire un ouvrage bien tricoté. Défaites-le, et il ne vous reste plus rien ! Pour Dial M for Murder, j'ai fait aussi peu d'extérieurs que possible. J'ai fait faire un vrai carrelage, aménager un espace sous la porte pour voir l'ombre des pieds, etc, autant d'éléments qui se trouvaient déjà dans la pièce telle qu'elle se trouvait jouée sur scène, en m'assurant bien de n'en négliger aucun. Car si vous faites des extérieurs, que vous reste-t-il au bout du compte ? Un taxi arrive dehors, la porte s'ouvre, vos personnages sortent et ils s'en vont ! Certaines scènes du film ont été tourné en 3D.

"Hitchcock s'est borné à filmer la pièce. Il est évident qu'un scénario original nous eût montré, comme dans L’inconnu du Nord Express, les préliminaires du drame, et l'on peut aisément imaginer ce qu' Hitchcock aurait pu tirer de la filature de la future victime par son maître chanteur. Cette remarque n'est pas un reproche. Elle délimite seulement l'ambition d'un film tourné certainement assez vite et à peu de frais dans un seul décor. Mais, à l'intérieur de ce cadre technique, le travail d'Hitchcock est comme d'habitude une merveilleuse horlogerie." André Bazin, France Observateur, Février 1955 "Si la ligne de l'intrigue est d'une sécheresse toute mathématique, les personnage ne sont pas traités comme des entités. Le mari est ignoble mais séduisant, et ne perd pas son flegme même une fois confondu. L'amant, lui, est chargé à l'extrême et la femme aussi sotte que gracieuse. Charge gamine, dira-t-on, de la part de ce bon Anglais qu'a toujours été Hitchcock car ils sont l'un et l'autre américains. Mais, au delà d'une volonté de satire assez superficielle, ce choix des caractères porte une signification plus profonde, obéit à cette habitude qu'a prise notre auteur de présenter le Mal sous des espèces flatteuses." Claude Chabrol et Eric Rohmer Hitchcock, Editions universitaires, 1957 "Il est tentant de trouver un lien entre Le Crime était presque parfait et L' Inconnu du Nord-Express. Dans chacun de ces films, le personnage principal est un joueur de tennis professionnel. De plus, Tony et Margot semblent être des répliques, en plus agées, de Guy et Miriam. Les deux personnages masculins font montre d'une certaine vénalité, et tous deux s'ennuient dans leurs vies conjugales. Les instants paroxystiques des deux films sont servis par un montage parallèle; L' Inconnu du Nord-Express fait un constant va-et-vient entre Forest Hills et la grille de la bouche d'égout, tandis que Le Crime était presque parfait passe en alternance de l'appartement de Margot au club de Tony." Donald Spoto, L'Art d'Alfred Hitchcock, Edilig, 1976 "A l'image des poupées gigognes qui s'emboîtent les unes dans les autres, le film offre une superbe succession de mises en scène : Hitchcock met en scène le film, Tony met en scène sa rencontre avec Lesgate, puis ce que devra être le meurtre de Margot, et, enfin, lorsque la situation est brusquement inversée, il met lui-même en scène les détails destinés à faire accuser sa femme de ce qui serait un meurtre prémédité. L'inspecteur Hubbard réussit peu à peu à démonter ces différentes mises en scène et à prouver la culpabilité de ce séduisant criminel dont le charme n'est pas sans rappeler celui du héros de L'Ombre d'un doute." Patrick Brion, le Film Noir, Editions de la Martinière, 1992

Recette :
Entrées en France : 2 305 200