Présente
LIFEBOAT
Lifeboat
(1943)

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Realisateur:
Scénariste:
Jo Swerling
Origine Scénario:
Directeur Photo:
Glen MacWilliams
Décorateur:
James Basevi
Compositeur:
Monteur:
Dorothy Spencer.

Date de sortie en france: 1 Juin 1956
Genre: Aventure,
Durée:

Après le torpillage d'un bateau américain par un sous-marin allemand, neuf personnes trouvent refuge dans un canot de sauvetage : une journaliste snob, Connie Porter, qui perdra un à un au cours de l'aventure ses biens les plus précieux (caméra, vison, machine à écrire, etc.) ; quatre membres de l'équipage du bateau coulé: à savoir Kovac, graisseur aux idées proches du communisme, Gus Smith, marin gravement blessé à la jambe, Stanley Garett, le radio, Canada Lee, un Noir très croyant qui était steward …

(Entretien avec Peter Bogdanovich en février 1963) Avec ce film, je voulais prouver que la plupart des films sont tournés en gros plans. Ce fut vraiment un film sans décors. Je l'ai fait par défi. Vu le sujet, les gens ont poussé de hauts cris, car je semblais avoir montré le nazi plus fort que tous les autres. J'avais deux raisons pour cela. Premièrement, en tant que commandant de sous-marin, le nazi était plus compétent en navigation que tous les autres. Deuxièmement, les nazis semblaient effectivement l'emporter à. l'époque. Quant aux autres, ils symbolisaient les démocraties qui ne s'étaient pas encore alliées, n'avaient pas encore uni leurs forces. Même John Hodiak, qui jouait le communiste, était indécis. Il a fallu que tous s'unissent contre ce type pour s'en débarrasser. Savez-vous que Tallulah Bankhead détestait Walter Slezak ? Elle a vraiment été dure avec lui. Elle s'asseyait en face de lui dans le canot de sauvetage et lui lançait: ,, Espèce de sale nazi Pauvre gars... il n'était vraiment pas nazi, vous savez. Pourquoi le Noir ne, se joint-il pas aux autres, quand ils attaquent le nazi? Je n'y tenais pas. C'était plutôt un personnage religieux qui récitait le psaume XXXIII, quelqu'un de sympathique et de sensible, à mon sens. Cette agressivité n'aurait pas collé avec son personnage.

Critique de Jacques Lourcelles (Dictionnaire du Cinéma) Le film est d'abord un tour de force puisqu'il fait évoluer pendant une heure et demie une dizaine de personnes dans un espace de quelques mètres carrés, et cela sans artifice, sans virtuosité apparente, en rendant crédibles l'isolement des naufragés au milieu de l'océan et les relation imprévues qui se nouent entre eux. Ce genre de gageure qu'Hitchcock affectionnait - lieu clos et utilisation systématique de plans-séquences dans La corde, immobilité forcée du personnage principal dans Fenêtre sur cour - le stimule au plus haut point. Ici, bien que la psychologie et l'interaction des personnages soit d'une grande richesse, son propos reste, comme toujours, essentiellement moral. Mais, parce qu'il laisse à chacun ses raisons, on aurait tort d'y voir la moindre ambiguïté. Hitchcock prend fermement parti contre le pragmatisme forcené et sans âme de l'Allemands sans omettre d'en noter la terrible efficacité. Il défend en même temps sans réserve l'état d'esprit humaniste et démocratique que partagent les autres personnages, même si cet état d'esprit suscite, aux moments les plus graves, pas mal, de maladresses, de cafouillage et de lenteur à se colleter avec les vraies réalités. En faisant de l'Allemand le plus vigoureux des naufragés, Hitchcock a déclaré avoir voulu tenir compte du fait qu'à l'époque décrite par le film (1940-41) l'Allemagne était en position de vainqueur, face à des Alliés qui n'avaient pas encore suffisamment soudé leurs forces. Signalons enfin, dans ce film réalisé par un cinéaste qui a fait souvent profession de mépriser les acteurs, une des plus belles interprétations collectives de toute l'histoire du cinéma. Bien qu'ayant eu lieu en studio, avec deux semaines de répétition préalables, le tournage fut d'ailleurs extrêmement éprouvant pour tous les comédiens. N.B. Le film eut peu de succès (il était très éloigné du ton triomphaliste habituel des films de guerre de l'époque) et fut le seul qu'Hitchcock réalisa pour la Fox. Le cinéaste trouva une ingénieuse façon de faire figurer, comme à son habitude, sa silhouette sur l'écran : elle apparaît dans la publicité (concernant une cure d'amaigrissement!) d'un journal que déplie l'un des personnages dans le canot. Sur les apparitions d'Hitch-, côck dans ses films, voir le dossier très complet de la revue parisienne « Mad Movies » n° 40 (1986).

Recette :

  • Telerama :
  • Jean Tullard :