James Bond et Anya Amasova, agent du KGB, incarnent la "détente". Ils ont pour mission de travailler ensemble sur une mission de la toute première importance, puisqu’il s’agit d’empêcher Karl Stromberg, un psychopathe misanthrope, de déclencher une troisième guerre mondiale et de se proclamer, comme il en a l’intention, dictateur d’une civilisation sous-marine. James Bond interrompt une mission en cours sur ordre de M qui le rappelle au MI-6 à Londres. Alors qu’il est en route pour rejoindre son QG, James Bond est pris en chasse par des agents du KGB qui l'entraînent dans une poursuite infernale à ski dans les Alpes autrichiennes. 007 élimine le chef, l’agent Sergei Bargov, avant de se jeter du haut d’un précipice—et d’ouvrir un parachute. Dès son arrivée au MI-6, Bond est mis au courant de la situation : il semblerait que deux sous-marins, un britannique et un soviétique se soient mystérieusement volatilisés. Les forces de l’Est accusent celles de l’Ouest et vice-versa, chacune des parties menaçant l’autre de déclencher un conflit nucléaire en cas de récidive. Le MI-6 et le KGB pensent que ces disparitions pourraient être imputables à une tierce puissance. Pour la première fois, les deux services décident de s’allier et de confier à leurs meilleurs agents le soin d’éviter une troisième guerre mondiale : James Bond pour le MI-6 et la très séduisante Anya Amasova, l'agent Triple-X, pour le KGB. Le deux agents quittent le Caire, en Egypte, pour rejoindre l’Italie, plus précisément la Sardaigne où Q leur confie la Lotus Esprit. Alors qu’ils recherchent désespérément des indices, alors que chaque minute rapproche le monde de l’apocalypse, Bond et Anya croisent la route de Requin, un géant travaillant pour un mystérieux cerveau criminel. Requin ne parle pas, mais il possède une arme fatale et peu habituelle : une mâchoire en acier trempé dont il use avec une précision redoutable. Heureusement pour Bond et Anya, cette brute épaisse manque sérieusement d’intelligence et les deux agents parviennent à échapper à ses multiples tentatives d'assassinat. Tous les indices accusent Karl Stromberg, un millionnaire excentrique obsédé par l’idée que le monde court à sa perte. James Bond se fait passer pour un océanographe et parvient à rencontrer Stromberg. C’est ainsi qu’il découvre que l’ermite génial a réussi à construire une base qui peut se trouver aussi bien au-dessous qu’au-dessus de la surface de l’eau. L’édification de cette infrastructure, très judicieusement baptisée Atlantis, constitue la première étape du plan de Stromberg qui, après avoir déclenché un conflit nucléaire majeur entre les grandes puissances, entend créer un empire sous-marin et le diriger. Le lien fragile qui unit Anya à Bond menace de se rompre lorsqu’elle découvre que 007 est responsable de la mort de son amant, l’agent du KGB Sergei Bargov. Elle reste bien sûr fidèle à son engagement vis-à-vis du KGB et du général Gogol, mais jure de venger son amant dès que la mission sera accomplie. Elle signifie d’ailleurs très clairement à Bond qu’elle n’hésitera pas alors à le tuer. Bond et Anya embarquent sur un sous-marin nucléaire américain et s’aperçoivent que c’est le pétrolier de Stromberg le Liparus qui est à l’origine de la disparition des submersibles. En effet, la proue du Liparus s'ouvre pour "avaler" des vaisseaux. C’est de cette manière que le sous-marin américain est alors pris en otage. Anya sera très rapidement repérée et capturée par Stromberg. S'il se décrit lui-même comme un incorrigible solitaire, il semble très intéressé par l’agent du KGB qu’il garde avec lui dans ses appartements. Quant à Bond et aux autres marins américains, ils subissent un tout autre traitement, puisqu’ils sont emprisonnés avec les équipages britanniques et soviétiques des autres sous-marins. La guerre nucléaire totale est proche et la tension est à son comble. Mais Bond, gardant son flegme habituel, parvient à libérer les marins et bientôt, c’est une véritable bataille rangée qui secoue le Liparus. En quelques secondes, Bond et ses alliés remportent une belle victoire, évitant ainsi un assaut nucléaire sur New York et sur Moscou. Le pire est évité, mais Bond doit maintenant penser à sauver Anya des griffes du terrible Stromberg. Lorsqu’il arrive sur Atlantis, Stromberg lui a tendu un piège mortel. 007, toujours sur ses gardes, anticipe le danger et parvient à tuer le millionnaire psychopathe avec sa propre invention. Le commandant du sous-marin américain, qui a reçu l’ordre de détruire Atlantis, a promis à Bond de faire tout son possible pour attendre qu’il ait pu sauver Anya. Mais alors que le couple s’empresse d’échapper aux bombes, il est rattrapé par Requin. 007 parvient à l’attirer sous une grue électromagnétique. La mâchoire de Requin est attirée par l’aimant surpuissant et le géant s'envole dans les airs. 007 démagnétise l’aimant de manière à faire tomber le géant dans le bassin du requin. Mais contre toute attente, c’est l’homme qui a la dent plus dure que l’animal, et Requin aura finalement raison du squale malchanceux... Alors qu’Atlantis est en flammes et s’apprête à couler, Bond et Anya s’échappent dans le sous-marin de poche prévu à cet effet par Stromberg. Sa mission est accomplie et Anya est fermement décidée à tenir sa promesse. Elle pointe son arme sur Bond. Mais apparemment, le cœur n’y est plus, son doigt tremble sur la gâchette. Elle comprend que Bond n’avait pas le choix, qu’il a agi en état de légitime défense. Elle sait que ces choses font partie des risques du métier. Anya finit par accepter de pardonner à Bond. Tous deux sont encore en train de régler leur différend lorsque leur embarcation est récupérée par M et l’équipage d’un vaisseau britannique. Anya a la surprise, lorsqu’elle émerge des draps froissés, de constater que l’équipage tout entier la regarde par le hublot du sous-marin. M, choqué, demande alors à Bond ce qu’il fabrique : "Je marque pour la Grande-Bretagne !"

Sortie

Date de sortie aux Etats-Unis : 13 juillet 1977 Harry Saltzman n’étant pas impliqué dans le projet, L’ESPION QUI M’AIMAIT est un défi pour Cubby Broccoli qui désormais travaille seul. Convaincu qu’il continuerait sur la voie du succès ouverte par les films précédents, Broccoli persuade la United Artists de lui confier 13,5 millions de dollars (une somme presque indécente en 1977). Ce commercial de génie réussit à augmenter encore la publicité faite autour du film en organisant une fête spectaculaire pour l’inauguration du studio de tournage "007" (le plus grand du monde à l’époque). Après l’échec relatif de L’HOMME AU PISTOLET D’OR, L’ESPION QUI M’AIMAIT apparaît comme un test de longévité pour James Bond. A en juger par le nombre d’entrées et les trois nominations aux Oscars, 007 a encore de beaux jours devant lui. Avec des recettes totales s’élevant à 138,6 millions de dollars dont 46,8 millions pour les seuls Etats-Unis, ce film est sans doute l’un des plus grands succès de la série, ce qui met définitivement fin aux rumeurs selon lesquelles James Bond est moribond. Le succès du dixième film de la série fait passer les bénéfices totalisés par les films James Bond au-dessus de la barre du milliard de dollars.

Critique

The New York Times, 21 août 1977 Frank Rich “… James Bond est un survivant. Quinze ans après JAMES BOND CONTRE DR NO, il est toujours fringant. Peut-être même de plus en plus... L'ESPION QUI M'AIMAIT, le dernier film de James Bond, est non seulement le dernier de la série (qui en compte 10) mais aussi le meilleur. Le public ne s'y trompe pas, et se régale de toute évidence. Les spectateurs s'exclame et vocifèrent presque autant que les fans de LA GUERRE DES ETOILES. L'endurance de James Bond relève à présent du phénomène de société... Plus que toute autre légende contemporaine, l'agent 007 incarne toutes les valeurs des chevaliers du moyen-âge : Bond est beau, décontracté, intelligent, bon vivant et se bat contre les forces du mal. Dans toutes les consciences, il n'est rien de moins que l'homologue hollywoodien de John F Kennedy... Son style de vie, son goût pour les femmes, son élégance et ses gadgets—viennent tout droit des images de Playboy. Jamais depuis les années 1960, le magazine n'avait été autant en phase avec le fantasme de l'Américain moyen. rien ne peut le faire plier... ni la guerre froide... ni les clones cinématographiques de Bond... ni la disparition de Ian Fleming... Sean Connery que tout le monde croyait totalement irremplaçable, a abandonné Bond... L'Angleterre... est en pleine crise... mais pour expliquer la longévité de Bond, il suffit d'aller voir L'ESPION QUI M'AIMAIT... C'est un retour vers une ère hollywoodienne bénie... l'époque où l'humour et la qualité étaient de mise... au cinéma ; en fait, c'est un film qui répond à toutes les espérances du public... la violence... est trop caricaturale pour faire frémir même les plus émotifs… le léger sexisme des répliques de Bond est désormais sans conséquence... il est permis d'en rire sans culpabiliser pour autant... la libération de la femme n'est toutefois pas complètement ignorée dans les films de James Bond... mais les scénaristes ont eu le bon goût de ne pas la rendre de manière trop ostentatoire... c'est à doses homéopathiques qu'ils distillent les petites évolutions de la mentalité de Bond... Ce qu'on attend des films d'été à gros budget comme L'ESPION QUI M'AIMAIT, est finalement assez simple : un peu de romantisme, une dose de suspense à couper le souffle, et de l'action à revendre... Et ces ingrédients sont presque systématiquement inclus dans la formule Bond... Si nous n'avons plus besoin de Bond pour défendre l'honneur du monde libre, il est le seul représentant d'un cinéma commercial digne de ce nom."

Actualitées

• Christopher Boyce et Andrew Lee sont accusés d'espionnage pour avoir fourni des informations sur la CIA à l'Union soviétique. • Le Wall Street Journal évoque la mise au point d'une bombe à neutron qui tue les hommes sans faire de dégâts matériels. • Les recettes de films tels que LA GUERRE DES ETOILES ou RENCONTRE DU TROISIEME TYPE passent la barre des 2,3 milliards de dollars. • Elvis Presley meurt d'une crise cardiaque dans sa maison à Memphis. • Economiser l'énergie devient une priorité, la mode est à la "chasse au gaspi". • Aux Etats-Unis, l'ère punk est à son apogée, la saccharine est interdite et le salaire minimum passe à 3,35 dollars de l'heure.