Francisco Scaramanga , alias l’homme au pistolet d’or , est un dangereux assassin. Il a volé un engin révolutionnaire qui va lui permettre de contrôler l’énergie solaire et de l’utiliser à des fins criminelles. Bond a pour mission de contrecarrer ces plans, mais 007 se retrouve prisonnier dans l’antre de l’homme au pistolet d’or. M est inquiet, il a de mauvaises nouvelles pour James Bond : le MI-6 vient de recevoir une menace de mort à l’adresse de l’agent 007. Elle émane de Scaramanga , un assassin tristement célèbre, tueur à gages dont les honoraires se montent à 1 million de dollars par meurtre. M a reçu la "signature" de Scaramanga : une balle en or massif qui porte le nom de sa prochaine victime, ici "007". Connu sous le nom de l’homme au pistolet d’or à cause de son arme, un pistolet en or massif qui lorsqu’il est démonté ressemble à des objets tout à fait anodins, Scaramanga se vante de n’avoir besoin que d’une balle--il ne manque jamais sa cible. Bond ne comprend pas pourquoi Scaramanga cherche à l’abattre, mais M lui ordonne de prendre cette menace au sérieux. Il ne reste plus à 007 qu’à retrouver le tueur avant que lui ne le trouve. Dans le même temps, 007 est sur une autre affaire : il doit retrouver un disparu, un scientifique du nom de Gibson qui a mis au point le Solix agitateur , une cellule capable de concentrer les rayons solaires et de libérer l’immense énergie qu’ils renferment. M tient absolument à retrouver Gibson afin de s’assurer que son invention ne tombe pas en de mauvaises mains. A Macao , Bond retrouve la trace de Lazar , l’homme qui fabrique les balles en or pour Scaramanga . 007 oblige Lazar à lui révéler où et quand Scaramanga doit réceptionner la prochaine livraison de munitions. Il est prévu que Lazar livre le paquet de balles dans un casino. 007 est bien sûr au rendez-vous, mais c’est Andrea Anders , la maîtresse de Scaramanga qui vient récupérer les balles. Bond va trouver Andrea dans sa suite ; elle lui apprend que Scaramanga doit se rendre le soir même au club Cul-Sec, un bar à strip-tease. Bond se poste en face du club et attend l’arrivée de Scaramanga. C’est alors qu’il entend un coup de feu. Un homme vient de se faire tuer à sa sortie du Cul-Sec. C’est Gibson . Il avait rendez-vous avec le lieutenant Hip de la police de Hong-Kong . Le domestique de Scaramanga, un nain qui répond au nom de Tric-Trac , parvient à subtiliser le Solix agitateur du cadavre de Gibson. Entre-temps, Bond suit Hip qui le conduit jusqu'à l’épave du Queen Elizabeth, paquebot échoué dans la baie de Hong-Kong et qui abrite le QG secret du MI-6. M , présent à bord, fustige Bond et Hip pour avoir laissé le Solix agitateur leur échapper. Toutefois, une chose est claire désormais, Bond n’était pas la véritable cible de Scaramanga car celui-ci aurait pu le tuer s’il l’avait voulu. M informe enfin Bond qu’il sera accompagné d’une assistante sur cette mission : Mlle Bonne-Nuit , un agent britannique. De toute évidence, Scaramanga a été engagé par Hai Fat , un industriel milliardaire de Bangkok , pour tuer Gibson afin de s’emparer du Solix agitateur . Bond , pensant que Hai Fat n’a jamais rencontré le tueur en personne, se fait passer pour Scaramanga afin de gagner la confiance du milliardaire. Mais Fat n’est pas dupe, et lorsque Bond, qui est invité à dîner, se rend au rendez-vous, il est accueilli par les hommes de Hai Fat. Ceux-ci l’obligent à se battre contre des élèves d’une école de kung-fu qui appartient à Hai Fat. Bond parvient à s’enfuir et à leur échapper à l’issue d’une poursuite en sampang sur les canaux de la ville. De son côté, Scaramanga met en œuvre son plan perfide et assassine Hai Fat avant de se proclamer unique héritier de l’empire du défunt. Plus tard, Andrea Anders rejoint Bond dans sa chambre d’hôtel pour lui avouer que c’est elle qui a envoyé la balle en or au MI-6. Son intention était d’obliger 007 à tuer Scaramanga afin qu’elle soit enfin libérée de l’emprise tyrannique de son amant. Bond lui promet de s’exécuter si elle lui livre le Solix agitateur . Le lendemain, Bond et ses alliés organisent la rencontre avec Andrea lors d’un match de boxe thaï. Lorsque Bond arrive, Andrea est assise sur son siège, inerte. Elle est morte, tuée par Scaramanga. Celui-ci rejoint d’ailleurs Bond pour lui recommander de se tenir en dehors de cette affaire. Bond parvient à récupérer le précieux Solix agitateur à l’insu de Scaramanga avant de le passer au lieutenant Hip qui, à son tour, le confie à Mlle Bonne-Nuit . Lorsque Scaramanga et Tric-Trac s’apprêtent à quitter le stade, ils trouvent Mlle Bonne-Nuit en train d’ouvrir le coffre de leur voiture. Ils la poussent dans la malle arrière et l’enferment. Une nouvelle fois le Solix agitateur est entre les mains de Scaramanga. Bond prend leur véhicule en chasse, accompagné par le shérif J. W. Pepper qui (quelle coïncidence !) passe justement ses vacances en Thaïlande. Mais Scaramanga leur échappe en s’envolant aux commandes de sa Matador volante . Grâce à l’émetteur que porte Mlle Bonne-Nuit , Bond parvient à suivre sa trace jusqu'à l’île privée de Scaramanga , au large des côtes de la Chine rouge. 007 accoste alors que Scaramanga l’accueille avec faste et enthousiasme avant de lui certifier que Mlle Bonne-Nuit se porte bien. Il lui fait alors visiter, non sans fierté, son nouvel empire--dont la technologie est empruntée aux entreprises de Hai Fat . Il lui fait ensuite découvrir le joyau de cet empire, une gigantesque station d'énergie solaire fonctionnant grâce au Solix agitateur . Scaramanga a l’intention de céder cette technologie au plus offrant qui, en faisant l’acquisition du monopole absolu sur l’énergie solaire, deviendra alors le maître du monde. Pendant le dîner, Scaramanga défie James Bond et lui propose un duel : son pistolet d’or contre le Walther PPK de 007. Bond relève le défi, mais il s’agit d’une perfidie dont le seul but est de l’attirer dans la maison hantée. Là commence le jeu du chat et de la souris : Scaramanga traque un James Bond piégé dans un labyrinthe dont le tueur connaît tous les recoins. James perd son arme--et manque de perdre la vie--mais il finit par prendre Scaramanga à son propre piège en utilisant la figure de cire que l’homme au pistolet d’or avait fait fabriquer à l’image de Bond et réussit enfin à tuer son ennemi. De son côté, Mlle Bonne-Nuit fait son devoir elle aussi, puisqu’elle se charge de précipiter un des techniciens de Scaramanga dans une cuve d’hélium liquide--qui fait partie du réseau de refroidissement de la station. La chaleur du corps plongé dans le gaz liquéfié perturbe toute la station, ce qui déclenche une très violente série de réactions en chaîne. Le complexe tout entier va bientôt exploser. Bond tente désespérément d’atteindre le Solix agitateur avant que le QG de Scaramanga n’explose dans un gigantesque feu d’artifice. Il y parvient et s’échappe avec Mlle Bonne-Nuit de l’île infernale à bord de la somptueuse jonque de feu Scaramanga. Seuls et luxueusement installés à bord, ils se préparent à partager, enfin, un moment d’intimité amoureuse. Ils sont cependant dérangés par l’apparition soudaine de Tric-Trac , un adversaire de petite taille, certes, mais animé par un féroce désir de vengeance. Après une brève altercation, Bond parvient à le neutraliser en l’enfermant dans une valise qu’il va suspendre au gréement du navire. Il ne reste plus à nos deux agents qu’à trouver un moyen agréable de passer le temps durant la traversée jusqu'à Hong-Kong…

Londres Beyrouth Macao Hong Kong [1] Bangkok, Thailande Ile de Scaramanga

Sortie

Date de sortie aux Etats-Unis : 18 décembre 1974 Après des critiques très négatives, L’HOMME AU PISTOLET D’OR a déçu les spectateurs autant que les producteurs. En effet, aux Etats-Unis, le nombre d'entrées a baissé de 81 % par rapport aux entrées totalisées l’a©N½ þ„½ ÈM½ nnée précédente par VIVRE ET LAISSER MOURIR . Aux Etats-Unis, le film n’a rapporté que 20,9 millions de dollars. C’est avant tout le scénario qui est critiqué. On lui reproche ses allusions graveleuses, ses sous-entendus sexistes et racistes, son incohérence et le manque total de suspense. On pensait que chaque nouveau James Bond serait meilleur que le précédent. Mais le neuvième volet de la série, L’HOMME AU PISTOLET D’OR, trahit, si on en croit la critique, tout ce qui a fait la légende de James Bond et son succès populaire. Pire encore, les décors, les personnages, Bond lui-même comme ses gadgets seraient d’une médiocrité sans précédent. La campagne de promotion a elle aussi été très banale, si bien que pour L’HOMME AU PISTOLET D’OR le total des recettes à l’international se limite à 97,6 millions de dollars. Nombreux sont ceux qui considèrent ce film comme le pire échec de l’histoire bondienne. Trois films seulement ont eu moins de succès, mais c’était plus compréhensible pour ceux-là, puisque JAMES BOND CONTRE DR NO et BONS BAISERS DE RUSSIE ont dû construire la notoriété de Bond et que dans AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE , Sean Connery , l’idole adoré, a été remplacé par un acteur totalement inconnu, George Lazenby .

Critique

Los Angeles Times, 19 décembre 1974 Kevin Thomas “L’HOMME AU PISTOLET D’OR... est à peu près interchangeable avec ses prédécesseurs, si ce n’est que les allusions érotiques sont de plus en plus nombreuses... Roger Moore le débonnaire récidive dans le rôle de Bond, et cette fois-ci, il est bien plus crédible, même s’il est un peu trop lisse pour pouvoir espérer égaler Sean Connery dans ce qu’il apportait d’humour incisif et de pathétique à James Bond... le scénario concocté par Richard Maibaum et Tom Mankiewicz est si compliqué qu’il est impossible à suivre—de toute façon on ne manque sans doute pas grand chose... la mise en scène de Guy Hamilton est efficace... ce film reste un bon moyen de s’évader du quotidien... la réalisation est certes soignée... Plus que jamais, Bond apparaît comme un rescapé des années 1960, un cochon chauviniste et macho incapable d’évoluer. Son attitude avec les femmes et certaines allusions graveleuses ont été accueillies par des sifflements aux projections réservées à la presse.” Variety, 10 décembre 1974 “… La notoriété de James Bond acquise au cours des huit précédents volets est suffisamment solide pour faire accepter L’HOMME AU PISTOLET D’OR... la ralisation de Guy Hamilton est relativement plate et le scénario plutôt ennuyeux... Pourtant le réseau de distribution international et écrasant de la United Artist devrait suffire à générer d’abondantes recettes... le nombre relativement limité de sous-entendus puérils [sic] ou les dix ans qui se sont écoulés ont contribué à rendre le personnage assez fade... quoiqu’il en soit, James Bond n’est plus ce qu’il était... toute la distribution s’adapte à cette baisse de niveau... la chanson-titre est moins réussie que les récédentes, elle est donc tout à fait en accord avec la qualité du reste du film.“

Actualitées

• Le président Nixon est le premier président américain obligé de démissionner après avoir perdu toute crédibilité suite au scandale du Watergate. Carl Bernstein et Robert Woodward publient All the President’s Men (Les Hommes du président). • The New York Times publie un article accusant la CIA d’avoir fiché quelque 10 000 citoyens américains et de n’avoir pas respecté les droits de dissidents politiques aux Etats-Unis. Le chef de la CIA reconnaît les faits dans une lettre adressée au président Ford. • La publication de The CIA and the Cult of Intelligence (Victor Marchetti et John D. Marks) est autorisée après que le tribunal fédéral a ordonné 15 suppressions. La CIA en réclamait 168. • L’embargo américain sur le pétrole du Moyen-Orient est levé. • Un bureau fédéral chargé de l’énergie, The Federal Energy Administration, est fondé aux Etats-Unis pour rationaliser, économiser et gérer les ressources d’énergie, de même que prévoir des mesures d’urgence dans ce domaine. • L'interdiction pour une période de 41 ans relative à la possession privée d'or est levée.