James Bond est lancé dans une chasse à l’homme qui le conduit de Harlem aux Caraïbes. Il doit découvrir et vaincre le diabolique Dr Kananga avant que ce dernier n’inonde le monde d’énormes cargaisons d’héroïne. Trois agents britanniques ont respectivement été tués à New York , à la Nouvelle-Orléans et à San Monique , une île des Caraïbes. M apprend à James Bond que les trois hommes étaient en train d’enquêter sur les activités du Dr Kananga , le dictateur de San Monique, qui a la réputation d’être mêlé à des activités douteuses. Bond est envoyé à New York pour surveiller, avec la collaboration de Felix Leiter , son collègue de la CIA , Kananga qui se trouve alors en ville en vue de faire une requête aux Nations unies. Bond est à peine arrivé que son chauffeur est assassiné lors d’une tentative qui visait l’agent secret. Il remonte la trace de Kananga jusqu’au restaurant du Lieu noir en plein cœur de Harlem. La présence de 007 est pour le moins voyante dans un établissement fréquenté exclusivement par des noirs. A peine Bond s’est-il assis que le mur mécanique derrière sa table pivote et qu’il se retrouve transporté jusqu‘au repaire secret de M. Gros-Bonnet, un célèbre trafiquant de drogue basé à Harlem. De brèves présentations ont lieu avec Solitaire , une splendide cartomancienne à laquelle M. Gros-Bonnet a recours pour prédire les événements et les stratégies. M. Gros-Bonnet entre directement dans le vif du sujet et ordonne que Bond soit tué. Cependant 007 réussit à prendre le dessus sur ses tueurs et rejoint Strutter , un agent de la CIA. Ce dernier dit à Bond que Kananga est parti avec ses hommes pour l’île de San Monique. Bond part pour les Caraïbes, espérant découvrir le lien entre Kananga et M. Gros-Bonnet. Bond arrive à San Monique et rencontre Rosie Carver , une superbe mais quelque peu stupide agent de la CIA . Elle a pour mission de montrer à Bond l’endroit où Baines --l’un des agents britanniques--a été assassiné. Après l’apparition mystérieuse d’un symbole vaudou dans la chambre de 007, Bond passe la soirée à "réconforter" l’agent Carver, dont la terreur est pour le moins suspecte. Le lendemain, un autre contact de Bond à la CIA, Quarrel Jr (sous la couverture d’un pêcheur—tout comme son père qui avait aidé Bond lors de la mission de JAMES BOND CONTRE DR NO), conduit Bond et Rosie vers le lieu où Rosie avait accompagné Baines le jour de son meurtre. Rosie et Bond s’arrêtent en route pour un pique-nique très romantique, mais Bond soupçonne Rosie de chercher à l’attirer dans un piège mortel. Il sort son Walther PPK et lui offre l’alternative suivante : parler ou mourir. Tout à coup, Rosie a le souffle coupé par l’horreur à la vue d’un épouvantail vaudou tout proche. Elle s’enfuit paniquée, mais quelques secondes plus tard, elle est abattue par un revolver dissimulé à l’intérieur de l’épouvantail. Il ne reste plus à Bond qu’à méditer sur ce que savait la fille et sur ceux qui ont commandité son assassinat. Cette nuit-là, Bond s’introduit dans la maison de Solitaire et avec l’aide d’un jeu de tarot la convainc qu’ils sont voués à être amants. Bien qu’effrayée, Solitaire succombe aux charmes de Bond. Désormais, la vie de Solitaire est en danger, dans la mesure où, sans que Bond le sache, sa capacité à prédire l’avenir est directement liée à sa virginité. Maintenant, grâce à 007, l’une et l’autre appartiennent au passé. Solitaire conduit Bond jusqu’à un endroit secret, au fin fond de San Monique , où Kananga se cache. La région abrite d’horribles épouvantails, censés être des avertissements vaudou destinés à faire fuir les yeux indiscrets de la population autochtone, mais dont Bond met à jour la véritable existence : protéger les immenses champs de pavots que Kananga cultive. Bond et Solitaire sont découverts, mais réussissent à parvenir jusqu’à un petit village où ils s’emparent d’un vieux bus à double étage. Les hommes de Kananga en voiture ou à moto sont sur leurs talons, mais ils parviennent, à l’issue d’une folle course poursuite, jusqu’aux docks où ils sont sauvés par Quarrel Jr. Bond et Solitaire arrivent à la Nouvelle-Orléans , mais sont accueillis par les hommes de M. Gros-Bonnet qui ont la ferme intention de restituer sa cartomancienne à Kananga . Bond s’enfuit, mais Solitaire est désormais aux mains de l’ennemi. 007 découvre un autre restaurant appelé Lieu noir à la Nouvelle-Orléans, et au cours de son enquête, il est à nouveau fait prisonnier et conduit devant M. Gros-Bonnet, Solitaire et Tee Hee , le géant dont la main est une pince d’acier. M. Gros-Bonnet soutient que Kananga désire savoir si Bond a anéanti les pouvoirs de Solitaire en lui ôtant sa virginité. Quand Bond réplique qu’il ne répondra qu’en présence de Kananga, M. Gros-Bonnet arrache son masque de caoutchouc et sa perruque : M. Gros-Bonnet et Kananga ne font qu’un. Pour Kananga, il est clair que Solitaire ne lui est plus d’aucune utilité après que ses capacités de cartomancienne ont été anéanties. Il livre Solitaire au Baron Samedi , un autre de ses hommes de main, dont l’alter ego dans la mythologie vaudou terrorise les habitants de San Monique . Bond est conduit par Tee Hee jusqu'à une usine de traitement de l’héroïne qui sert aussi d’élevage d’alligators, et où il est prévu que Bond serve d’extra au menu des charmantes créatures. Il réussit à s’échapper en marchant à toute allure sur le dos de ses croqueurs de gardiens, et prend le temps de détruire le laboratoire d’héroïne. Il vole un petit bateau à moteur et s’enfuit, avec les hommes de Kananga à ses trousses. Il s’ensuit une folle course poursuite entre Bond et ses ennemis, qui les conduit à travers le bayou de Louisiane jusqu’aux riches quartiers résidentiels. Sur leur passage, ils interrompent une cérémonie de mariage et détruisent plusieurs véhicules de police et un bateau-citerne. Bond parvient aussi à déjouer les plans du shérif J. W. Pepper , policier borné et convaincu que 007 est un criminel. Finalement Bond retrouve Leiter , qui l’informe que Kananga est retourné à San Monique --emmenant une malheureuse prisonnière, Solitaire . De retour à San Monique , Bond part à la recherche de Solitaire , tandis que Quarrel Jr pose des bombes incendiaires dans les champs de pavots. Bond découvre Solitaire dans une situation particulièrement inquiétante : attachée à un poteau, elle est sur le point d’être sacrifiée au cours d’un rituel vaudou au Baron Samedi et à ses disciples. Bond surgit, sauve Solitaire et tue le présupposé invulnérable Baron Samedi en le jetant dans un coffre rempli de serpents venimeux. Il s’échappe en compagnie de Solitaire, mais leur fuite s’achève dans le repaire souterrain de Kananga où ils sont à nouveau faits prisonniers. Kananga sait que sa récolte d’opium a été détruite, mais jure que cela n’entravera en rien ses plans. Il projette de précipiter Bond et Solitaire dans des douves pleines de requins. 007 réussit à se libérer à l’aide de sa montre Rolex perfectionnée par les soins de la section Q. Bond et Kananga en viennent aux mains et tombent dans les douves. Alors que les requins approchent, Bond enfonce une cartouche de gaz pressurisé dans la bouche de Kananga. Le corps du célèbre cerveau criminel se met à gonfler puis explose littéralement. Bond remarque malicieusement que Kananga "a toujours fait preuve d’une insupportable enflure du moi". Se croyant sains et saufs à bord de leur compartiment, Bond et Solitaire s’apprêtent à un voyage romantique, paisible et bien mérité. Cependant, Tee Hee fait une apparition inattendue. Bond et Tee Hee s'affrontent dans un violent combat. Bond coupe le mécanisme de commande du bras d’acier de Tee Hee à l’aide d’une paire de ciseaux à ongles et jette Tee Hee hors du train, envoyant l’appendice mécanique sectionné à sa suite. Bond se prépare alors à reprendre ses projets romantiques avec Solitaire et lui avoue "le bras m'en tombe".

Londres New York Nouvelle Orléans, Louisiane San Monique

Sortie

Date de sortie aux Etats-Unis : 27 juin 1973 Avec, pour la première fois, Roger Moore dans le rôle de James Bond , VIVRE ET LAISSER MOURIR constitue le premier succès international de EON Productions et United Artists. Moins du quart des recettes à travers le monde, soit 126,4 millions de dollars, a été réalisé aux Etats-Unis (35,3 millions de dollars). Pour un coût légèrement supérieur à 7 millions de dollars, c’est un succès bienvenu : depuis quatre années, les films de Bond connaissaient un léger essoufflement en raison du tapage autour de la distribution du rôle principal. Moore, qui détient le record d’apparitions dans les James Bond (7 au total), s’est affirmé comme un candidat tout à fait méritant dans le rôle tant prisé de l’agent 007. En outre, après le succès des DIAMANTS SONT ETERNELS, le scénariste Tom Mankiewicz a été nommé premier scénariste de VIVRE ET LAISSER MOURIR. Il renouvelle alors une formule qui a fait ses preuves en incluant une certaine fantaisie dans le dialogue et en diversifiant les scènes d’action. L’écriture de Mankiewicz convient parfaitement au jeu de Roger Moore, et donne naissance à un personnage plus frivole et d’un contact plus facile. En dépit de quelques revers, le film devient le premier succès d’une longue série—prouvant que Bond préférait vivre plutôt que de laisser mourir.

Critique

Los Angeles Times, 28 juin 1973 Charles Champlin “Le Saint soit loué, pourrait-on dire à propos de VIVRE ET LAISSER MOURIR. Dans le rôle de James Bond, Roger Moore est un séduisant et tout à fait estimable successeur de Sean Connery… Les romans eux-mêmes [de Fleming] sont devenus plus extravagants après les élégantes mais maîtrisées illusions de Casino Royale… Les films ont fait une part plus grande au burlesque, et se sont transformés en luxueuses parodies où les courses poursuites, les effets spéciaux, les gadgets et les mille et une manières de semer le désordre l’emportent sur les personnages et les dialogues… Moore demeure un vrai saint plutôt qu’un mélange de douceur et de dureté. Il lui manque juste cet accent terrien écossais qui faisait du personnage de Bond, interprété par Sean Connery, un professionnel sérieux que la vodka glacée, les cigarettes au filtre bagué, les Bentley et les jeunes femmes consolaient provisoirement d’une vie à risques. Moore est un homme de plaisir, élégant et raffiné, chez qui le travail n’est jamais qu’une obligation quelque peu ennuyeuse. Même en fonction, il n’apparaît guère décontenancé, effrayé ou fatigué, ni ne donne l’impression de souffrir… La force de VIVRE ET LAISSER MOURIR, à l’image de tous les précédents, est précisément son très haut coût apparent… Les films de James Bond sont pour ainsi dire les seuls à proposer sans honte des spectacles populaires, bien enlevés, tape-à-l’œil et délicieusement invraisemblables… Cette fois, Guy Hamilton est un réalisateur attentif au rythme du film… L’action ne faiblit jamais, et les James Bond n’ont jamais autant ressemblé à un dessin animé… La délicieusement belle Jane Seymour apparaît comme... la plus sage et la plus raffinée de toutes les héroïnes de Bond… Tous les ingrédients à succès des films précédents sont là... Que dire de plus ?… ”Variety, 27 juin 1973 “VIVRE ET LAISSER MOURIR... présente un remplaçant de Sean Connery tout à fait convenable, Roger Moore… Le niveau du scénario est plus proche que jamais de celui des bonnes vieilles séries du samedi après-midi, et le montage apparente le film à une bande dessinée… La réalisation de Guy Hamilton est bonne. Le film, distribué par United Artist, devrait atteindre de bons scores cet été sur le marché des films qui invitent à l’évasion… Le monde a beaucoup changé depuis les premiers James Bond… 007 ne peut plus se retrouver opposé à des Asiatiques et des Russes au regard inquiétant, dans des combats empreints de sexe et de sadisme. Le cinéma aussi a changé… Les appareils d’écoute sont apparus au cœur même de notre confort ménager quotidien. D’où, dans un monde et un climat familial si perturbés, on devrait plutôt faire preuve de sympathie et non d’esprit critique à l’égard de la nature un peu artificielle du scénario… La réalisation de Hamilton est d’autant plus remarquable qu’il réussit à donner une certaine cohérence à un scénario quelque peu pitoyable et plutôt inconsistant… Les 121 minutes du film passent rapidement… La mélodie de la chanson des McCartney... est de bonne facture, mais il lui manque ce côté nerveux qui caractérisait les précédents thèmes de James Bond. Ce en quoi elle est bien en phase avec l’actuelle conception d’ensemble des James Bond … Le générique principal de Maurice Binder est l’un des grands moments du film. L’équipe technique est excellente … Et le générique final, comme d’habitude, annonce le prochain titre de la série. Mais à ce jour, s’agit-il d’une promesse, d’un avertissement ou d’une menace ? ”The New York Times, 15 juillet 1973 Vincent Canby“… Vivre et laisser mourir, publié en 1954, est rempli de préjugés qui semblent aujourd’hui incroyables, notamment l’allusion au fait que M. Gros-Bonnet constitue une exception puisqu’il n’est pas Noir à 100 %… Le roman, Vivre et laisser mourir, est un fidèle reflet de l’époque… Son snobisme date du début du siècle, tandis que son intrigue... remonte encore plus loin dans le passé… James Bond, le héros du film plutôt que celui du roman... dans VIVRE ET LAISSER MOURIR, est un héros en pleine santé et emblématique de ces années soixante conservatrices… Il est toujours très bien sapé, quoiqu’un peu démodé. Sa coupe de cheveux n’aurait pas fait offense au regretté J. Edgar Hoover et son expression est étonnamment dépourvue de ces jurons interdits dans les émissions qui passent en prime-time à la télévision. Pourtant, de multiples façons, VIVRE ET LAISSER MOURIR est plus libéré, plus franc, moins coincé que nombre de films contemporains sur le problème noir nourris essentiellement de fantasmes … VIVRE ET LAISSER MOURIR n’est certainement pas un film axé sur la question noire—même s’il s’en approche beaucoup plus qu’aucun autre James Bond… C’est une réjouissante évolution par rapport à la plupart des films traitant de la question noire, qui sont, dans le cas des films sur l’exploitation des noirs, des tissus d’inepties enrobés de compassion... et dans le cas des films réalisés par des blancs, de pieuses bêtises enveloppées dans le sensationnel… Même les blagues et les bons mots du film... sont étonnamment compréhensibles... Le film adopte un point de vue si correct qu’il rend ridicule la plupart des préjugés, en les ignorant royalement… Les blancs et les noirs sont traités à égalité tout le long du film... Cependant, le but du film n’est pas de promouvoir l’égalité. Tout se passe dans le film comme si cette dernière question ne se posait pas… Sans avoir l’air d’y toucher, VIVRE ET LAISSER MOURIR renverse les vieux stéréotypes… Cependant... VIVRE ET LAISSER MOURIR est soigneusement calculé pour distraire le plus grand nombre, les blancs aussi bien que les noirs, et ainsi de faire la fortune de tous ceux qui y ont participé … le but des films de James Bond reste toujours aussi compréhensible.”

Actualitées

• Les écoutes téléphoniques du Watergate ont débouché sur une enquête et, en fin de compte, les auditions ont conduit à la mise en accusation du président Nixon. • Le président Lyndon Baines Johnson est mort le jour même où étaient signés les accords de paix sur la guerre du Vietnam. • Le premier maire noir, Maynard Jackson, d’une grande ville du sud, a été élu à Atlanta. O. J. Simpson fait son retour dans l’équipe des Buffalo Bills et établit le nouveau record de "rushing" (charges) de la National Football League. • Aux Etats-Unis, The Drug Enforcement Agency et la Commission nationale sur la marijuana décrète que l’alcool doit être assimilé à une drogue. • Au moment de la sortie du film, les principaux concurrents sont : ADIEU, MON SALAUD et LA BATAILLE DE LA PLANETE DES SINGES. L’ARNAQUE remporte l’Oscar du meilleur film. • Le disque de l’année est Killing Me Softly with His Song interprétée par Roberta Flack.