James Bond affronte l'industriel millionnaire Sir Hugo Drax, qui projette d'anéantir toute vie humaine sur terre et de se proclamer roi d'une "nouvelle race maîtresse" dans l'espace intersidéral. La navette Moonraker prêtée au gouvernement britannique a disparu. Apparemment, elle a été détruite. MI-6 soupçonne cependant qu'il en est autrement, et James Bond se voit assigner la mission de retrouver la navette manquante. Bond rencontre l'homme dont l'entreprise a conçu et fabriqué les navettes pour les Américains—Sir Hugo Drax, industriel cultivé et multimillionnaire. Drax prétend être scandalisé par la perte de "sa" navette, mais semble prêt à coopérer aux recherches menées par Bond. Néanmoins 007 soupçonne Drax de ne pas être étranger à la disparition de Moonraker. Alors qu'il visite l'usine de navettes de Drax en Californie, 007 est présenté au docteur Holly Goodhead, scientifique détachée pour le compte de la NASA auprès de Drax. Lors d'une visite des installations, Bond manque être tué quand Chang, l'homme de main de Drax, prend les commandes de la centrifugeuse 'entraînement des astronautes. Persuadé que Drax prépare un mauvais coup, Bond séduit l'une de ses chevilles ouvrières Corinne Dufour et apprend ainsi où Drax cache ses documents secrets. Bond photographie les documents ; ceux-ci se rapportent à des appareils en cours de fabrication à Venise. Le lendemain, au cours d'une chasse au faisan avec Drax, Bond manque être la victime d'un tireur embusqué et tue son meurtrier potentiel d'un tir "malencontreusement" bien ajusté. Peu après, Corinne est sauvagement déchiquetée par les dobermans de Drax—le prix à payer pour avoir trahi Drax et aidé 007. A Venise, Bond enquête à la fabrique de verre Venini, et découvre qu'il s'agit d'une couverture pour les installations secrètes de Drax. 007 est surpris d'y retrouver également Holly Goodhead. Elle est censée séjourner à Venise pour intervenir devant la commission spatiale européenne. Peu après, la gondole de Bond est attaquée par des hommes en hors-bord et brandissant des mitraillettes. Grâce aux aménagements de la section Q, Bond transforme la gondole en hors-bord et il s'ensuit une course poursuite sur les canaux vénitiens. Bond réussit à s'échapper grâce à une autre particularité étonnante de la gondole qui lui permet de traverser la place Saint-Marc. Ce soir-là, Bond retourne à la fabrique de verre Venini et découvre un laboratoire secret où des scientifiques sont en train de travailler sur une espèce de sérum à base de plantes. Une ampoule se renverse accidentellement et le liquide hautement Bond rejoint Holly dans sa chambre d'hôtel et découvre qu'elle est un agent de la CIA. Finalement, ils succombent à leur séduction mutuelle et se promettent d'unir leurs forces pour résoudre le cas Moonraker. Mais Bond s'esquive au cours de la matinée pour Rio de Janeiro afin d'examiner un entrepôt de Drax. En collaboration avec Manuela, un agent local de MI-6, 007 trouve l'entrepôt mais constate qu'il est vide. Il est clair que Drax a donné l'ordre de vider l'entrepôt et qu'il est en train de mobiliser ses ressources pour une opération de grande envergure. Tandis que 007 et Manuela quittent l'entrepôt, ils sont attaqués par Requin, l'imposant assassin aux dents d'acier que Bond a déjà affronté dans la mission L'ESPION QUI M'AIMAIT. Requin travaille maintenant pour Drax. Le couple échappe à une mort certaine en réussissant à semer Requin dans un défilé de Mardi Gras. Le lendemain, Bond découvre Holly à Rio—en train d'espionner également les activités de Drax. Tous deux ont remarqué l'importante mobilisation par Drax de ses ressources de Rio. Alors qu'ils se trouvent dans un téléphérique, Requin et un autre homme de main s'emparent de la station de téléphérique. 007 et Holly se battent contre le tueur sur le toit de la cabine, suspendus à des dizaines de mètres au-dessus du sol, et sauvent leur vie en se laissant glisser le long du câble, accrochés à une chaîne. Quelques secondes après avoir posé pied à terre, ils sont faits prisonniers par des hommes de Drax déguisés en ambulanciers. Bond s'enfuit, sans parvenir à sauver Holly. Au QG brésilien du MI-6 (dont la couverture est un monastère), Q informe Bond que l'ampoule de sérum subtilisée dans l'usine Venini est un liquide hautement toxique dérivé d'une orchidée très rare. M demande à Bond de se rendre dans la jungle pour retrouver la fleur et enquêter sur les intentions de Drax. Au volant de son aéroglisseur, Bond est attaqué par des bateaux à moteur commandés par Requin. Utilisant des armes extrêmement sophistiquées, un deltaplane, et la géographie naturelle du fleuve Amazone, 007 s'enfuit et localise le QG secret de Drax—au cœur d'une ancienne pyramide. Bond s'introduit dans la pyramide et découvre que Drax a construit une impressionnante base de lancement de navettes Moonraker. 007 est fait prisonnier. Drax lui explique alors qu'il a détourné sa propre navette parce que l'une des siennes nécessitait des réparations. Il s'apprête à lancer simultanément tous ses vaisseaux spatiaux. A l'intérieur de chaque navette se trouvent de jeunes astronautes—uniquement les meilleurs et les plus brillants. Bond apprend également que Drax est en train de récolter l'orchidée mortelle et compte l'utiliser pour nettoyer la surface de la terre de l'espèce humaine, tout en laissant indemne le règne végétal et animal. Bond retrouve Holly Goodhead, mais Drax veut s'assurer que leur réunion sera la plus brève possible—il compte les faire réduire en cendres en les emprisonnant dans l'aire de lancement de l'une des navettes Moonraker. Bond et Holly s'extraient de leur situation délicate à l'aide de la montre-détonateur Seiko de 007, et prennent les commandes de l'une des navettes. Le vaisseau de Bond et Holly suit les autres vaisseaux en direction de l'imposante cité spatiale. Une fois arrimés, Bond et Holly se mêlent discrètement aux autres habitants de la station. Ils écoutent le discours de bienvenue prononcé par Drax devant ses fidèles adeptes : il explique qu'il s'apprête à lancer en direction de la terre des sphères spatiales contenant le sérum mortel. Une fois que l'espèce humaine aura disparu, sa super race repeuplera la terre—et lui jurera obéissance. Bond et Holly sont à nouveau découverts et faits prisonniers, mais parviennent à détruire le système de brouillage qui rendait la station spatiale indécelable. Une fois que la station a pu être repérée depuis la terre, une attaque de marines est mise sur pied et déclenchée. Elle a pour objectif de s'emparer de Drax. Bond assure à Requin qu'il n'y aura pas de place pour lui et son amie Dolly dans la super race de Drax. Requin se met alors au service de Bond et l’aide à vaincre Drax. Les marines arrivent et s'engagent contre les hommes de Drax dans une spectaculaire bataille spatiale au laser. Pendant ce temps, Drax semble prendre le dessus sur 007, mais Bond utilise son bracelet-lance fléchettes et met Drax hors de nuire. Puis il conduit le mégalomane dans une cellule spatiale et le propulse dans les profondeurs immatérielles et glacées de l'espace intersidéral. Avec l'aide de Requin, 007 et Holly parviennent à suivre la trace des trois sphères remplies du poison d'orchidée que Drax est parvenu à lancer. Utilisant les canons à laser à bord de leur navette, ils détruisent la dernière sphère quelques secondes avant qu'elle n'entre dans l'atmosphère terrestre. Leur mission achevée, Bond et Holly se "relaxent" dans un état d'apesanteur (et d'intimité) et se retrouvent en direct sur une télévision en circuit fermé : M et d'autres dignitaires du gouvernement britannique attendent de les remercier. Comme d'habitude après une mission terrifiante et à hauts risques, Bond semble surtout préoccupé par la recherche du plaisir...

Londres Propriété de Drake Venis, Italie Rio de Janeiro Bassin de l'Amazonz Station Spatiale

Sortie

Date de sortie aux Etats-Unis : 29 juin 1979 MOONRAKER, sorti le vendredi 29 juin 1979, inaugure la série des James Bond à très gros budget. Cependant, investir 30 millions de dollars valait, semble-t-il, la peine car MOONRAKER devient la seconde plus grosse recette réalisée par un James Bond. Avec des recettes mondiales de l'ordre de 202,7 millions de dollars, MOONRAKER est la plus grosse recette pour un James Bond depuis plus de 16 ans, et jusqu’à la sortie de GOLDENEYE en 1995. Approximativement un tiers des recettes internationales est réalisé aux Etats-Unis, avec une recette estimée à 62,7 millions de dollars. Un article paru dans le numéro de Variety du 11 juillet 1979, établit que MOONRAKER a enregistré plus de21 millions de dollars dans les 10 premiers jours qui ont suivi la sortie… ”et on peut imaginer que ce sera la plus grosse recette réalisée par le distributeur et producteur Albert R. Broccoli.” Cherchant à se démarquer des productions contemporaines populaires et lucratives du style de LA GUERRE DES ETOILES, le producteur Cubby Broccoli veut que MOONRAKER soit perçu comme un film scientifique plutôt que comme un film de science-fiction. Il demande qu'il soit fait appel à des consultants de la NASA pour que leurs conseils garantissent l'exactitude du déroulement de l'exploration spatiale. MOONRAKER constitue le point culminant de la carrière, longue de 12 ans, de Roger Moore dans le rôle de James Bond. Bien que Moore ait dû affronter quelques critiques pour son interprétation de Bond dans MOONRAKER, les producteurs n'ont eu aucune raison de se plaindre. Après tout, avec la sortie de MOONRAKER, les James Bond affichant Roger Moore dans le rôle de 007 ont rapporté un total de 621,1 millions de dollars.

Critique

Los Angeles Times, 29 juin 1979 Charles Champlin “… MOONRAKER est fidèle à l'image que les films de James Bond ont réussi à imposer depuis le modeste et modéré JAMES BOND CONTRE DR NO, premier film de la série… Une production qui ne regarde pas à la dépense... Des décors spectaculaires… Un arsenal de gadgets meurtriers… Tout compte fait, c'est un mélange qui a fait ses preuves et un film qui tient ses promesses. Il ne risque guère de décevoir tous ceux qui trouvent en James Bond leur coupe de martini bien glacé… Il y a longtemps que les James Bond ont dépassé (ou plutôt, abandonné) les émotions fortes liées à des affrontements d'homme à homme… ou qu'ils ne cherchent plus à faire peur en montrant une araignée avançant sur l'oreiller… La logistique, souvent superbement conçue et parfaitement contrôlée, a pris le pas sur la peinture des personnages et les joutes intellectuelles. Bond ne cherche pas seulement à se montrer plus rusé que celui qui triche, il renverse les tables ou, encore mieux, fait carrément sauter le casino. C'est un tout autre type de distraction, et qui a ses mérites… Avec MOONRAKER vous êtes assuré de passer un moment agréable et loufoque, même s'il vous arrivera d'être titillé par la nostalgie des premiers temps où c'est Bond qui maîtrisait les gadgets et non l'inverse... Moore ne se dépare pas de son éternel charme insouciant… Lewis Gilbert... est un réalisateur habile, la musique de John Barry aussi entraînante qu'à l'habitude et le producteur, une fois encore, est Albert Broccoli…” The New York Times, 19 juillet 1979 Vincent Canby “A une époque où tout est soit surestimé soit sous-évalué, il est rassurant de constater qu'il existe encore une devise forte. James Bond bien sûr qui, à tous égards, devrait être une antiquité, aussi emblématique des années 60 que les Beatles ou les hippies, mais qui continue joyeusement son chemin comme si le temps s'était arrêté… MOONRAKER... est l'un des James Bond les plus entraînants qui soient. On imagine qu'il a dû coûter des sommes faramineuses, bien qu'il n'ait pas d'autre objectif que celui d'offrir un spectacle éblouissant, ce qui n'est pas à négliger dans une saison cinématographique aussi ennuyeuse et décevante… MOONRAKER, à l'image des meilleurs films de James Bond, nous renvoie à un type de films qui m'évoque les feuilletons en 15 épisodes de ma jeunesse... Presque toutes les personnes associées au film sont au meilleur de leur forme, même M. Moore qui a tendance à être quelque peu facétieux quand il est livré à lui-même. Ici, il correspond exactement au personnage toujours jeune, plein de ressources et élégant qu'il incarne. M. Lonsdale semble parfois manquer un peu de naturel et être coincé aux entournures, enfin c'est comme ça, on ne s'attend pas à ce qu'il nous fasse crouler de rire… Ca fait plaisir de vous revoir…”

Actualitées

• L'ambassade américaine à Téhéran est assaillie par des révolutionnaires iraniens qui prennent 90 étudiants en otage. Connu sous le nom de “crise des otages", l'incident commande la politique étrangère et économique des Etats-Unis à l'égard de l'Iran et de l'Ayatollah Khomeini. • Le traité de paix entre Egypte et Israël est signé à Camp David, mettant fin à un conflit de trente ans entre les deux pays du Moyen-Orient. • Les Etats-Unis échangent deux espions soviétiques condamnés en 1978 contre cinq dissidents soviétiques (dont Alexander Ginsburg) qui avaient rendu compte des atteintes aux droits de l'homme en Union soviétique. • Skylab, une station spatiale de 77 tonnes en orbite autour de la terre, explose au-dessus de l'océan Indien, sans faire de victimes ; Voyager 1 approche la turbulente atmosphère de Jupiter, et Pioneer 2 fait la découverte de deux nouveaux anneaux et de la onzième lune de Saturne. • Une fuite radioactive se produit dans l'usine nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie nécessitant l'évacuation des femmes enceintes et des enfants dans un rayon d'une dizaine de kilomètres